mardi 8 mars 2011

Je ne suis pas écrivain, ou une drôle de rumeur...

Quand j’ai commencé ce blog il y a un peu plus de deux ans, je ne pensais pas que j’aurais un jour à écrire le billet que je suis sur le point d’écrire. J’ai commencé ce blog pour raconter mes aventures de spectateur dans les salles de cinéma parisiennes. Mes rencontres incongrues, mes projections perturbées, mes coups de cœur ciné. Sans plus de légitimité qu’aucun autre bloggeur, à savoir une passion pour le cinéma qui remonte à mon adolescence et au-delà.

Je n’ai jamais cherché à me faire passer pour ce que je ne suis pas, je n’ai jamais prétendu en savoir plus que les autres (bon sauf si vous pensez que Lars Von Trier est le plus grand cinéaste qui soit, là je ne peux rien pour vous, haha), et surtout je n’ai jamais fait mon snob, ni sur mes goûts cinématographiques, ni sur ce que j’écris.

Si j’écris ces quelques lignes aujourd’hui, c’est que j’ai découvert il y a quelques jours par l’entremise d’une personne lisant mon blog une « interview » présente sur un autre blog. Cette « interview » a été mise en ligne en novembre dernier, et très franchement, si personne ne me l’avait montrée, je ne sais pas si je l’aurais un jour découverte. J’ai appris que si l’on tape mon nom sur Google, c’est cette interview qui figure parmi les premiers résultats (et même LE premier résultat apparemment). Parce qu’il s’agit d’une interview que j’aurais donnée. Je dis bien « j’aurais », car non, je n’ai pas donné d’interview à ce blog dont je n’avais jamais entendu parler.

Mais les auteurs de ce blog ont beau ne m’avoir jamais rencontré ou contacté, ils ont réalisé une interview d’un certain David Tredler qui écrit un blog intitulé « L’impossible blog ciné ». Mon blog. Pourtant non, ce n’est pas moi. Il suffira à quiconque me connaît un minimum de lire le chapeau de l’interview où l’on apprend que j’ai 43 ans pour comprendre qu’il s’agit là d’une supercherie (désolé les gars, j’en ai 29).

Une fausse interview pourrait m’amuser, il paraît que j’ai le rire facile. Le problème c’est que l’interview me fait un peu passer pour un connard qui ne se prend pas pour de la merde. « Je suis écrivain et pas bloggeur » dit l’interviewé. Euuuuuuuuuh, d’accord les gars, marrant votre fausse interview, sympa. Les fausses interviews de personnalités publiques, je connaissais, mais les fausses interviews de bloggeur pour les faire passer pour des cons, j’avoue, vous innovez, grave. La moindre des choses quand on décide de réaliser ce genre de canular, c’est de prévenir l’intéressé à un moment ou à un autre nan ? J’ai bien laissé un commentaire sur l’interview, mais cela fait plusieurs jours, et il n’a toujours pas été validé (je vais pas vous manger les gars, vous savez je mords pas et je suis assez sympa comme mec, vous pouvez sortir de votre cachette)…

Alors voilà, si par hasard, au fil de votre navigation, vous tombez sur l’interview d’un David Tredler de 43 ans qui se prétend écrivain sur son blog L’impossible blog ciné, ce n’est pas moi. C’est vrai que je n’écris pas de critiques, c’est vrai que j’écris seul mon blog, et c’est vrai que Belphégor est une daube, mais le ton snobinard n’est pas de moi, et certainement pas ce qui est écrit. Ca m’a un peu énervé, un peu amusé, j’hésite. Drôle d’histoire quand même. Je m’en voudrais presque d’avoir à en parler et à me justifier dessus. Mais je préférais clarifier les choses. Au cas où le doute existait. Et si vous aussi vous tenez un blog, attention, votre identité est peut-être en danger...

dimanche 6 mars 2011

James Franco, Danny Boyle et les pompiers

Il y a quelques jours c’était la désolation : James Franco n’est pas invincible. L’homme qui touche à tout (même à General Hospital !) ne serait donc pas capable de tout faire avec talent. Présenter les Oscars était manifestement hors de sa portée. Tout à coup l’acteur qui m’avait explosé de rire dans Délire Express et transporté d’émotion dans Harvey Milk se révélait médiocre. Un peu plus et j’en aurais même oublié la trempe de l’acteur. Heureusement que 127 heures est là.

Le nouveau film de Danny Boyle sort à point pour balayer les doutes et interrogations concernant James Franco. Le survival en plein « canyonland » fait exploser les aptitudes d’acteur de Franco. Quasiment seul devant la caméra de Boyle pendant tout le film, le bras coincé et ne pouvant bouger, l’acteur américain nous fait vivre avec une intensité sans pareille, dans l’effort et la souffrance, dans les larmes et les joies, le cauchemar d’un homme dont la seule issue pour se sortir d’une randonnée potentiellement mortelle se révèle vite être l’auto-amputation. Et lorsqu’on n’a même pas un couteau suisse sur soi, la tâche est immense.

Depuis sa première projection au Festival de Toronto en septembre dernier, l’histoire vraie d’Aron Rolston avait la réputation de faire vivre cette odyssée immobile avec un réalisme perturbant, poussant quelques spectateurs au malaise devant pareil spectacle. Ce genre de bouche-à-oreille paraît souvent un peu exagéré. Pourtant le week-end dernier, devant 127 heures, alors que Franco venait de parvenir à s’arracher le bras à l’écran, une femme a fait un malaise dans la salle où je me trouvais, et les pompiers ont dû intervenir - aussi discrètement que possible - pendant que le dernier acte du long-métrage se jouait. Surréaliste. J’avouerais tout de même que malgré la dureté de la séquence, on a vu bien pire au cinéma, et qu’il faut être une âme bien sensible, ou pas du tout au courant du sujet du film, pour se laisser tromper et s’évanouir. Même si habituellement, on ne voit pas ce genre de séquences dans un film connu pour être tiré d’une histoire incroyablement vraie.

Si la tension est telle pendant le film que les âmes sensibles en tombent dans les pommes, c’est aussi parce que derrière la caméra, Danny Boyle insuffle une vivacité idéale pour nous accrocher au récit statique, faisant oublier sa surestimée incartade indienne Slumdog Millionaire, qui avait réussi à duper son monde en devenant un film adoré de tous et raflant tous les Oscars. Aujourd’hui je me demande encore ce qu’on peut bien trouver à ce film surexcité qui se passe près de la moitié du temps sur le plateau de « Qui veut gagner des millions ? » avec en son cœur un couple pas crédible pour un sou. Mais c’est un des traits de Danny Boyle, d’être capable d’enchaîner un grand film après une œuvre mineure, comme il l’avait fait précédemment en signant le fabuleux Sunshine après l’éphémère Millions (en même temps on pourrait se dire que c’est l’inverse et qu’après un grand film, il enchaîne une petite daube, mais allez, soyons positif…).

En attendant de découvrir si le prochain long-métrage du british Boyle sera ou non une chiure de mouche, on pourra se fendre la poire cet été devant le prochain James Franco, Your Highness (qui devrait s’intituler Votre Majesté en France), réalisé par David Gordon Green et co-interprété par Danny McBride. Oui oui, l’équipe gagnante de Délire Express. J’en suis déjà tellement hilare que je pourrais m’évanouir.

jeudi 3 mars 2011

Shanghai sortira-t-il un jour ?

Cette semaine, les spectateurs français vont voir débarquer dans leurs salles Le Rite, un film d’exorcisme avec Anthony Hopkins. Pourtant le réalisateur suédois Mikael Hafström, chef d’orchestre de ce film qui ne devrait pas faire de grandes vagues - ni au box-office ni dans les cœurs - a réalisé un film il y a plus de trois ans qui attend toujours de sortir en France et aux États-Unis. Celui-ci, Shanghai, réunit devant la caméra une brochette d’acteurs internationaux qui ferait saliver d’envie bon nombre de producteurs cherchant à réaliser un film de prestige. John Cusack, Gong Li, Chow Yun-Fat, Ken Watanabe, David Morse, Franka Potente, Jeffrey Dean Morgan. Il y a plus dégueu comme distribution.

Le film prend place dans la cité chinoise alors que le monde est en train de basculer dans la Seconde Guerre Mondiale. Cusack y incarne un américain retournant à Shanghai pour rendre visite à un ami, mais y découvre que celui-ci a été assassiné. Dans cette Chine sous occupation japonaise, l’américain va tenter de faire la lumière sur la mort de son ami.
Le film a été tourné à l’été 2008, il y a bientôt trois ans et si presque toute l’Asie y a eu droit en 2010, la plupart des pays d’Occident attendent encore que le film arrivent à eux. Une fresque mêlant mystère et Histoire dans le Shanghai des années 40 avec de tels acteurs qui n’arrive pas à sortir, il est où le problème ?

Le problème c’est que le film est estampillé The Weinstein Company. La fameuse Weinstein Company. Et le problème de la Weinstein Company, c’est que ces dernières années, la faillite n’est jamais loin, les recettes souvent catastrophiques, et que du coup, un film ayant pour distributeurs les frangins Weinstein a plus de chance de rester un p’tit moment dans un tiroir que de sortir en salles comme il se doit. Et parmi les films souffrant le plus du bon vouloir des Weinstein, Shanghai fait bonne figure. C’est bien simple, le film est régulièrement annoncé dans le calendrier des sorties (américaines) depuis près de deux ans maintenant, souvent à l’automne, mais en mars 2011, on l’attend toujours. En tout cas, moi, je l’attends toujours.

Ce n’est pas que je sois un inconditionnel de Mikael Hafström, dont je n’ai vu jusqu’ici que le déjà oublié Dérapages avec Jennifer Aniston et Vincent Cassel mais, petit a, les fresques en costumes c’est mon dada, petit b, moi ces acteurs-là je veux les voir sur grand écran, et petit c, Gong Li. La rareté de l’actrice chinoise au cinéma, et sa propension ces dernières années à n’apparaître que dans des productions occidentales décevantes (Mémoires d’une Geisha, Miami Vice, Hannibal Lecter) n’enlèvent rien à sa grâce et son talent. Celle que j’ai découverte dans Épouses et Concubines pour ensuite l’admirer dans Adieu ma Concubine ou 2046 fait partie de ces acteurs (actrices) dont la simple présence au générique d’un film rend ce dernier intrigant, attirant, irrésistible. Et la rareté de Gong Li décuple l’attente de ce film que le distributeur semble préférer maintenir caché dans son grand chapeau.

Mais j’en ai vu d’autres. Je sais me montrer patient. Et je me dis que le succès rencontré par les Weinstein avec Le Discours d’un Roi, ses Oscars et ses recettes exponentielles au box-office, tout cela va bien renflouer les caisses et, qui sait, pousser les frères à se pencher sur le cas Shanghai, et m’offrir d’enfin découvrir le film sur grand écran. Parce que si j’attends que sorte en France le remake chinois de Ce que veulent les femmes dans lequel elle reprend le rôle d’Helen Hunt, je risque d’attendre longtemps…

mercredi 2 mars 2011

Alors c'est ça, les Oscars...

Je me suis toujours demandé à quoi ressemblait la cérémonie des Oscars. Ce que faisait la grande communauté du cinéma américain chaque année en ce dernier week-end de février (ça n’a pas toujours été à cette période-là) pendant que moi, bien calé sous ma couette hivernale, j’enlaçais traditionnellement Morphée et ses doux bras. Eh non, malgré mon addiction au cinéma, je ne m’étais jamais penché en live sur les Oscars… la faute à une diffusion nocturne dans la nuit du dimanche au lundi sur une chaîne cryptée que je n’ai jamais possédée.

Chaque année, je regardais nos Oscars à nous, les Césars, et chaque année j’entendais et lisais ici et là que la cérémonie française était les Oscars du pauvre, le cérémonial sans le show à l’américaine, les récompenses dans une ambiance engoncée. J’en étais sûr depuis toujours, les Oscars, ça devait être autre chose que les Césars. Plus punchy, plus drôle, plus fou.
Vendredi soir j’étais bien sûr attiré par la même curiosité annuelle par les Césars. Charmé sans être conquis par le numéro d’Antoine de Caunes en maître de cérémonie. Amusé par les sketches parcourant la soirée. Énervé par la victoire d’Anne Alvaro et son César de la Meilleure Actrice dans un second rôle. Déçu par la défaite de Raphaël Personnaz, mais consolé par un beau discours d’Edgar Ramirez. Surpris par la Meilleure Actrice Sara Forestier. Parieur sur la robe débordée de Leïla Bekhti (eh non, aucun sein ne s’est dévoilé !). Heureux pour la reconnaissance du Polanski.

Mais ce week-end, j’avais déjà la tête aux Oscars. Car cette année, j’allais voir pour la première fois la cérémonie Hollywoodienne, en direct live sur Canal+, du long tapis rouge étoilé aux alentours de minuit à l’Oscar du Meilleur Film aux premières lueurs du jour (même si à cette époque de l’année, à 6 heures du mat’, il fait encore nuit !).
Alors c’est quoi, les Oscars ? Du moins, les Oscars 2011, puisque je n’ai pas de point de comparaison et que je ne m’avancerai pas à généraliser à partir d’une unique cérémonie… C’est déjà deux heures et demie de tapis rouge. Deux heures et trente minutes à regarder les stars faire leur arrivée, trouver leur chemin jusqu’à l’entrée du Kodak Theater de Los Angeles, serrant des mains, claquant des bises, posant devant les appareils, et répondant aux questions des journalistes entourant le fameux tapis.

Je passerai sur les vents pris sur le tapis rouge par Didier Allouch, un des rares journalistes ciné sachant faire son boulot à la télé, même si aux Oscars, ça ne se voit pas, et sur Laurent Weil (lui par contre…) et ses deux invités Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve. Ce qui m’intéressait, c’est ce qui allait se passer à l’intérieur du Kodak à l’instant où James Franco et Anne Hathaway allaient pénétrer sur la scène pour présenter la cérémonie.

Une partie de l’excitation qu’il y avait à découvrir ces Oscars 2011 tenait justement dans ce duo de présentateurs inédit. Franco et Hathaway succédaient à une tradition de professionnels du rire (Steve Martin & Alec Baldwin, Jon Stewart, Billy Crystal, Chris Rock…) ou à des showmen nés (Hugh Jackman), ce qui constituait donc un choix étonnant.
Franco, qui s’est révélé ces dernières années un touche-à-tout fascinant, acteur intense chez Gus Van Sant, comique chez David Gordon Green, apprenti cinéaste à la fac, écrivain en herbe, artiste exposé, et même acteur de soap, pouvait être LA star de la soirée.

Or s’il y a bien une chose à retenir du déroulement de ces Oscars 2011, c’est à quel point l’acteur s’est révélé un piètre host. Rigide, détaché, sans une once de bagou ou d’étincelle, Franco a traversé la soirée tel un fantôme, incapable d’insuffler le moindre rythme, le moindre humour, la moindre présence sur scène. A ses côtés, Anna Hathaway s’est débattue comme elle a pu, certainement consciente que son partenaire d’un soir passait complètement à côté de son rôle, mais elle n’a pu sauver à elle seule les meubles. Waouh. Après cela, plus personne ne pourra critiquer la présentation des Césars en comparant la chose avec le show à l’américaine des Oscars, sous peine de se voir rétorquer « Enfin bon, ce n’était pas pire que les Oscars 2011 présentés par James Franco ». Nullissime le Jimmy. A le voir s'amuser avec son iPhone sur scène, c'était à se demander s’il ne l’a pas fait exprès. Les américains y réfléchiront à deux fois avant de critiquer la verve méchamment drôle de Ricky Gervais, autrement plus enthousiasmante aux Golden Globes…

Du coup, il faut bien l’avouer, cette molle présentation a bien plombé la soirée. Il aura fallu s’en remettre à une apparition scénique de Billy Crystal, à un classique sketch d’insertion des présentateurs dans les films nommés (même en France on sait le faire, ça), ou à un beau montage vidéo annonçant les dix films en compétition pour l’Oscar du Meilleur Film, pour prendre du plaisir à regarder la cérémonie. C’est assez maigre. Finalement, LE moment inoubliable de la soirée, celui qui permet de dégager un véritable élan classe à cette 83ème cérémonie de remise des Oscars, c’est l’intervention sur scène de Kirk Douglas, qui du haut de ses 94 printemps s’est révélé plus drôle, vivant et inattendu que Franco et Hathaway réunis. Il a beau avoir du mal à articuler et un physique à faire peur les enfants derrière lequel on a du mal à discerner l’homme qu’il a été, Kirk Douglas était bien le plus grand au Kodak Theater.

Autour de lui, les prix se sont succédé, tous attendus, sans surprise sinon peut-être l’Oscar du Meilleur Réalisateur, inexplicablement remis à Tom Hooper pour le trop lisse Discours d’un Roi lorsqu’il eût été plus méritant de le donner à David Fincher pour son époustouflant The Social Network ou à Darren Aronofsky pour l’électrisant Black Swan. Ah oui, et remettre deux Oscars pour Alice au Pays des Merveilles, furent-ils techniques, était bien inutile.
C’était cela, les Oscars 2011, le glamour gâché par l’ennui… Je reviendrai sans doute puisque James Franco ne reviendra pas, lui, c’est sûr.

dimanche 27 février 2011

Trois inédits coréens au printemps... en DVD

Je n’ai rien contre les DVD, mais bon, les films pour moi c’est au cinéma qu’ils se regardent et s’apprécient le mieux. Lorsque je veux voir un film, c’est au cinéma et pas sur mon écran de télé (les vieux films, c’est pareil). Du coup ça me fait toujours un peu de peine lorsque je constate que des films que j’aurais bien vus sur grand écran sortent directement en DVD. Malheureusement lorsqu’il s’agit de cinéma coréen, les opportunités de voir les films sur grand écran sont assez rares, les films ne voyageant pas tant que ça jusqu’aux salles parisiennes.

Les films d’auteurs sont les mieux représentés, par le biais des festivals et de la curiosité cinéphile, mais les films à vocation plus populaires se font extrêmement rares. Lorsqu’on jette un œil sur les films coréens sortis au cinéma ces derniers mois, le vide est immense. Une poignée d’habitués ont les honneurs des salles, comme Park Chan-Wook, Hong Sang-Soo, Kim Ki-Duk, Im Sang-Soo, Lee Chang Dong ou Bong Joon-Ho, et les autres restent pour la plupart invisibles, avec quelques exceptions par-ci par-là (notamment Breathless).

Aucun film coréen n’est encore sorti en 2011, et le calendrier du printemps est déprimant pour tout amateur du genre : seul un film s’apprête à sortir dans les semaines à venir. Manque de bol, en plus, il s’agit d’un film qui a déjà été projeté plusieurs fois à Paris et que j’ai vu l’année dernière à la reprise des films de Cannes au Reflet Médicis : Ha Ha Ha de Hong Sang-Soo, qui avait d’ailleurs très justement reçu le Prix Un Certain Regard 2010. Il semblerait, au passage, que le film ne bénéficierait que de 10 copies (d’après Le Film Français) la semaine de sa sortie le 16 mars. Un peu maigre. Après cela, le seul film coréen assurément à l’horizon sera pour juillet, le fameux J’ai rencontré le Diable de Kim Ji-Woon.

C’est donc en DVD que les films coréens seront le plus à l’honneur dans les prochaines semaines. Trois films notables vont ainsi débarquer dans les trois prochains mois dans ce format. Le premier débarque le 15 mars : Woochi, le magicien des temps modernes (en VO, Jeon Woo Chi), un des gros succès du box-office coréen en 2010 (six millions d’entrées quand même !). Bon je dois bien avouer que je n’ai jamais envisagé qu’un film d’action fantaisiste coréen sortirait en salles en France, donc pas de surprise, même si j’aurais bien voulu revoir au cinéma Kim Yoon-Seok, le charismatique acteur de The Chaser

Les deux autres films, en revanche, je pensais vraiment les voir passer par la case cinéma avant qu’ils ne finissent éventuellement sur galettes. Tout d’abord Into the Fire, annoncé pour le 2 avril, un film prenant pour cadre la Guerre de Corée et pour héros des étudiants embarqués dans le conflit. Frères de sang avait montré que les films traitant du conflit Nord/Sud pouvaient atteindre les salles françaises, mais ce ne sera pas le cas avec celui-ci. Pourtant l’automne dernier, lorsque l’acquisition du film par CTV International avait été annoncée, il semblait que c’était pour une distribution en salles, j’en étais tout heureux… Quelle déception. Le film avait lui aussi bien cartonné en Corée, attirant 3,3 millions de spectateurs.

Mais sans conteste, le film dont le passage expéditif par la case DVD me surprend le plus est Bedevilled de Jang Cheol-Soo. Certes le film n’a pas rencontré le même succès que les deux autres, mais ce film sanglant qui tranche à tout va faisait partie de la sélection de la Semaine de la Critique cannoise en mai 2010, et a remporté le Grand Prix du récent Festival du Film Fantastique de Gérardmer. Je l’avais vu l’an dernier à la Cinémathèque, mais j’étais dans un sale état physique ce soir-là et pour tout dire je me souviens à peine du film à cause de cela. Mais si même les films coréens qui passent par Cannes et remportent des prix dans d’autres festivals français ne se voient pas offrir la chance de sortir en salles…

jeudi 24 février 2011

Césars 2011 : les préférés, les oubliés...

Une des traditions des Césars, en tant que spectateurs, c’est de choisir ses préférés en plus de prédire quels seront les vainqueurs. C’est d’autant plus amusant que la cérémonie est bien moins prévisible que celle des Oscars, les surprises pouvant être nombreuses. Et chaque année, il y a toujours des oubliés. A quelques heures des Césars, l’envie me prend de choisir mes préférés parmi les principaux nommés, et de pointer du doigt celles et ceux qui ont été injustement oubliés par l’Académie. Pour ne pas égrener les catégories, je préfère me concentrer sur dix d’entre elles que voici.

Meilleur Film

Les nommés : L’arnacoeur, Des hommes et des Dieux, The Ghost Writer, Le nom des gens, Gainsbourg (vie héroïque), Mammuth, Tournée.
Mon favori : The Ghost Writer. S’il s’agit là de mon film préféré parmi les nommés, il paraît improbable que Des hommes et des Dieux ne remporte pas le César du Meilleur Film. Et je ne verrais rien à redire à la victoire du beau film de Xavier Beauvois.
L’oublié : La Princesse de Montpensier. Passage remarqué mais non récompensé à Cannes, score honorable sans étinceler au box-office… Le film enthousiasmant de Bertrand Tavernier n’a pas eu les éloges et la carrière qu’il méritait, et il est regrettable que les Césars n’aient pas rattrapé le coup, malgré les sept nominations possibles pour le César du Meilleur Film.

Meilleur Réalisateur

Les nommés : Xavier Beauvois (Des hommes et des Dieux), Mathieu Amalric (Tournée), Roman Polanski (The Ghost Writer), Olivier Assayas (Carlos), Bertrand Blier (Le bruit des glaçons).
Mon favori : Xavier Beauvois. J’aurais dit Polanski, puisqu’il a réalisé mon film nommé préféré, mais le travail de Beauvois pour donner vie à Des hommes et des Dieux est tel qu’il est assurément le cinéaste le plus méritant.
L’oublié : Bertrand Tavernier, forcément. Le réalisateur plein de bouteille a prouvé avec La Princesse de Montpensier qu’il n’avait rien perdu de sa modernité et de son romantisme avec son remarquable film en costume. Qu’il soit oublié au profit de Bertrand Blier me révolte. Ouais, me révolte !

Meilleur Acteur

Les nommés : Gérard Depardieu (Mammuth), Lambert Wilson (Des hommes et des Dieux), Jacques Gamblin (Le nom des gens), Eric Elmosnino (Gainsbourg), Romain Duris (L’arnacoeur).
Mon favori : Voici une catégorie bien difficile à départager. A mes yeux aucun ne se détache franchement. Elmosnino livre peut-être l’interprétation la plus « performance d’acteur », mais les biopics me gonflent un peu, celui-là aussi. Lambert Wilson ne se détache pas de ses camarades dans Des hommes et des Dieux. Depardieu fait du Depardieu. Gamblin est bon, mais de là à dire qu’il est le meilleur acteur de l’année. Et si finalement c’était l’interprétation légère, physique, comique et inattendue de Duris, lui le multi-oublié des Césars, qui était cette année le plus méritant ?
L’oublié : Si l’absence la plus étonnante est certainement celle du déjà Césarisé Fabrice Luchini, réjouissant en 2010 dans Les invités de mon père et Potiche, celle qui l’est moins mais se révèle la plus injuste est sans conteste l’absence de Denis Podalydès, qui portait avec mélancolie et humour le méconnu Huit fois debout. Il paraît à peine concevable que Podalydès, l’un des tous meilleurs acteurs français depuis quelques années maintenant, n’ait été nommé qu’une fois, pour le César du Meilleur Second Rôle dans Embrassez qui vous voudrez il y a huit ans, et c’est tout.

Meilleure actrice

Les nommées : Isabelle Carré (Les émotifs anonymes), Catherine Deneuve (Potiche), Sara Forestier (Le nom des gens), Charlotte Gainsbourg (L’arbre), Kristin Scott Thomas (Elle s’appelait Sarah).
Ma favorite : N’ayant pas vu Elle s’appelait Sarah, pas de Kristin Scott-Thomas pour moi. Celle qui m’a fait le plus sourire et m’a le plus ému cette année, parmi les nommées, s’appelle Isabelle Carré, même si la fougue de Sara Forestier m’a séduit.
L’oubliée : Mélanie Thierry qui offrait une force et une délicatesse au rôle-titre de La Princesse de Montpensier de Tavernier.

Meilleur acteur dans un second rôle

Les nommés : Michael Lonsdale (Des hommes et des Dieux), François Damiens (L’Arnacoeur), Niels Arestrup (L’homme qui voulait vivre sa vie), Olivier Rabourdin (Des hommes et des Dieux), Gilles Lellouche (Les petits mouchoirs)
Mon favori : S’il y a bien un prix que l’on attend cette année, c’est celui qui va être remis à Michael Lonsdale pour son interprétation du frère médecin dans le film de Xavier Beauvois. Il va l’avoir, et il le mérite. Contrairement à Lambert Wilson, Lonsdale est l’âme du film, fort, tranquille, imposant sa présence dès qu’il est à l’écran. Dommage pour François Damiens, inénarrable dans L’Arnacoeur.
L’oublié : Christophe Lambert dans White Material. En ex-mari blasé et lucide, Lambert montre qu’il n’est pas qu’un acteur de direct-to-video, il impose son calme et sa présence avec tranquillité. Il y a quelques années déjà, je l’aurais bien nommé dans cette même catégorie pour Janis et John.

Meilleure actrice dans un second rôle

Les nommées : Valérie Bonneton (Les petits mouchoirs), Karin Viard (Potiche), Anne Alvaro (Le bruit des glaçons), Julie Ferrier (L’arnacoeur), Laëtitia Casta (Gainsbourg).
Ma favorite : Mes deux préférées dans cette catégorie se trouvent dans des films qui ne m’ont pas emballé. Valérie Bonneton, électrique, survoltée, et clairement la meilleure facette des décevants Petits Mouchoirs. Et Karin Viard, secrétaire féministe du théâtral Potiche.
L’oubliée : Marina Foïs, qui montre qu’elle peut être une excellente actrice dramatique dans L’homme qui voulait vivre sa vie d’Eric Lartigau. En femme fatiguée de Romain Duris, Foïs est remarquable.

Meilleur Espoir Masculin

Les nommés : Grégoire Leprince-Ringuet (La Princesse de Montpensier), Raphaël Personnaz (La Princesse de Montpensier), Arthur Dupont (Bus Palladium), Edgar Ramirez (Carlos), Pio Marmaï (D’amour et d’eau fraîche).
Mon favori : Raphaël Personnaz. A mes yeux il écrase la concurrence cette année. Il brille devant la caméra de Bertrand Tavernier, il se montre virevoltant et séducteur, volant chaque scène où il apparaît, magnétique et très bon acteur, avec un petit côté Delon de la grande époque.
L’oublié : Olivier Barthélémy dans Notre jour viendra. L’un des acteurs de Kourtrajmé est en train de se faire une belle place dans le cinéma français. Face à Vincent Cassel, il est désarmant, inquiétant et surprenant. Il y avait largement de la place pour lui dans les nominations.

Meilleur Espoir Féminin

Les nommées : Leïla Bekhti (Tout ce qui brille), Audrey Lamy (Tout ce qui brille), Léa Seydoux (Belle épine), Anaïs Demoustier (D’amour et d’eau fraîche), Yahima Torres (Vénus noire).
Ma favorite : Anaïs Demoustier. C’est la seconde fois, après sa délicate interprétation dans Les grandes personnes, qu’elle est nommée au César du Meilleur Espoir, et elle le méritait déjà à l’époque. La jeune femme fait étale d’un naturel déconcertant et toujours juste devant la caméra, et figure parmi les plus talentueuses des jeunes comédiennes françaises.
L’oubliée : Géraldine Nakache dans Tout ce qui brille. Tant qu’à nommer Bekhti et Lamy, pourquoi laisser sur le côté Nakache ? Okay, ça aurait fait plus de la moitié des nominations pour la distribution d’un même film…

Meilleure Première Œuvre

Les nommés : L’arnacoeur, Gainsbourg (Vie Héroïque), Simon Werner a disparu…, Tout ce qui brille, Tête de Turc.
Mon favori : L’arnacoeur. L’académie a prouvé l’an passé qu’elle savait se montrer audacieuse dans ses choix avec la victoire dans cette catégorie des Beaux Gosses. Et finalement, il n’y a pas eu plus réjouissant cette année dans le cinéma français que l’énergie, l’humour, la fraîcheur et l’audace de L’arnacoeur.
L’oublié : Notre Jour Viendra. Méritait-il d’être nommé ? Bien sûr. Est-ce surprenant qu’il ne le soit pas ? Pas vraiment. Le premier film de Romain Gavras n’est pas franchement consensuel, ni dans la forme, ni dans le ton. Mais c’est son caractère détonnant, et ses qualités cinématographiques propres bien sûr, qui en faisaient un prétendant légitime. Dommage que l’Académie se montre frileuse avec ce film.

Meilleur Film Documentaire

Les nommés : Cleveland contre Wall Street, Benda Bilili !, Entre nos mains, Océans, Yves Saint Laurent – Pierre Bergé : l’amour fou.
Mon favori : Cleveland contre Wall Street ou Océans, aucun des deux documentaires ne m’ont profondément marqué, et ils sont les deux seuls nommés que j’ai vus.
L’oublié : L’épine dans le cœur. Il n’y a peut-être pas plus choquant dans les oublis que celui-ci. Non content d’être le meilleur documentaire de l’année, c’est un des plus beaux films toutes nationalités confondues de 2010. Un portrait des relations filiales tendre et déchirant. Une absence honteuse.

Meilleur Film étranger

Les nommés : Invictus, Les amours imaginaires, The Social Network, Illégal, Inception, Bright Star, Dans ses yeux.
Mon favori : Les amours imaginaires. Xavier Dolan est beaucoup trop talentueux pour son âge, c’est révoltant mais absolument indéniable et magique, à l’image de son second film, un pur moment de poésie cinématographique lorgnant du côté de Wong Kar Wai.
L’oublié : Je ne peux pas en vouloir aux votants de n’avoir pas offert de place à Breathless dans les nominations. En revanche, le Prix du Scénario cannois, Poetry, un des plus grands succès du cinéma d’auteur asiatique ces dernières années en France, pouvait légitimement prétendre à une nomination. L’américain A Single Man et l’espagnol Agora auraient également fait de beaux nommés.

mardi 22 février 2011

Tron, d'un film à l'autre

Il y a deux semaines, Tron représentait un univers mystérieux qui m’était inconnu. Depuis gamin, je regardais d’un drôle d’œil lointain ce film ayant presque mon âge que je n’avais jamais vraiment eu l’occasion ni la motivation de voir. Mais à l’aune de la sortie d’un nouveau Tron, j’avais pris comme résolution de m’atteler à la découverte du premier film, pour mieux apprécier sa suite. En l’espace d’une semaine, ce fut donc un Tron sur canapé puis un Tron : l’héritage sur grand écran que je me suis attelé à voir.

Ma décision de voir le Tron cru 1982 est donc né du désir de voir le cru 2011. A vue de nez, il me semblait bien improbable que ce film qui à l’évidence était inattendu et bluffant il y a près de 30 ans allait me scotcher à mon canapé. Je les voyais déjà, ces affrontements sur grille numérique vieillots qui auraient un petit goût kitsch inévitable. Mais je me devais de le voir. Je me devais de pénétrer cet univers si opaque qui s’est jeté à mon visage dans le premier quart d’heure du film. Quel culot. Qu’on le découvre en 1982 ou en 2011, quel culot de nous propulser sans préambule au milieu de ces programmes à forme humaine. Est-ce un jeu, un logiciel, difficile à déterminer, difficile à analyser, difficile à appréhender. Une seule chose à faire : tenir, s’accrocher, s’avancer dans ce monde virtuel qui ne nous est pas vraiment expliqué.

Au cours de ce premier quart d’heure, je me voyais déjà foncer dans un mur d’incompréhension et de renoncement. Pourtant sans m’en rendre compte, je n’y ai plus pensé. Je me suis détaché de l’opacité. J’ai laissé mes sens être happés par l’errance de Jeff Bridges, ingénieur coincé dans cet ordinateur dont les programmes s’affrontent aux disques et à moto jusqu’à la destruction. J’ai laissé mes sens être happés par ce labyrinthe virtuel à l’esthétique surannée mais à la complexité absorbante et au challenge cinématographique fascinant.

Tron n’est pas le nom de l’univers. C’est celui d’un de ses personnages. Un second rôle du film. Un programme aux qualités combattives remarquables et à la noblesse d’esprit et de cœur qui en font un véritable héros romantique. Il aide le protagoniste, Flynn (Bridges) à se fondre dans l’univers et à le comprendre, il incarne le courage et la droiture. Tron ancre le récit dans l’aventure classique par son caractère, alors que tout autour de lui crie l’irréel, l’immatériel, l’insaisissable. Un univers de pure fantaisie qui brille par son audace qui aura sûrement laissé un paquet de spectateurs désarçonnés, n’ayant su se laisser guider.

Je me suis collé devant Tron pour découvrir sa suite, mais c’est bien un choc cinématographique moderne par son approche du cinéma qui m’a attrapé à la gorge, et qui a su dépasser la simple mise en bouche que j’attendais. Désormais pour Tron : l’héritage, la suite réalisée près de trente ans plus tard par Joseph Kosinski, il s'agissait de relever le défi du film de Steven Lisberger. Un film qui rende hommage à son prédécesseur tout en apportant un coup de sang, un véritable choc qu’il se devait d’honorer.

De choc il est difficile de parler à propos de ce second Tron. Peut-être parce que les mondes virtuels n’ont plus rien d’expérimentaux et de révolutionnaires en 2011. Peut-être parce que la structure narrative de cette suite est plus classique. Mais si de choc il n’est pas question, il s’agit bien là tout de même d’un trip cinématographique qui sait se montrer vibrant. Lorsque l’heure viendra, dans quelques mois, de se remémorer les scènes les plus marquantes de 2011, je m’imagine déjà revivant ce moment grisant intervenant au début du film : après le prologue dans lequel on découvre le fils de Flynn enfant, un saut dans le temps nous le fait rattraper de nos jours, la vingtaine (campé par Garrett Hedlund), fonçant à moto sur une route nocturne. Les premières notes de la bande originale de Daft Punk retentissent alors. Un morceau jouissif, totalement inattendu en tant que bande originale de film, accompagne la fluide course de l’engin à travers la ville. A ce moment-là je ne pensais plus à rien, mon corps n’avait plus qu’une fonction, celle de profiter de l’instant. De prendre mon pied cinématographique. Un trip énorme s’annonçait.

C’est bien cela la différence entre Tron ’82 et Tron ’11. Le second n’est pas capable d’envoyer l’électrochoc surprenant du premier, ce n’est plus l’époque pour. Alors il joue à fond la carte du trip. D’abord en nous faisant pénétrer un univers visuel ultra léché, imposant, sombre mais teinté de flash de couleurs, prenant ponctuellement forme avec une 3D qui sait, contrairement à ses nombreux prédécesseurs sur le format, ne pas se montrer trop intrusive et excessive. Elle est distillée plus qu’imposée.
L’autre élément essentiel du trip, c’est la musique confiée aux frenchies Daft Punk. Elle le donne le pouls du film, elle fait battre un rythme constant et hypnotisant, transportant parfois certaines séquences dans une dimension hallucinante, comme cette séquence en moto évoquée plus haut.

Il y en aurait des choses à reprocher à cette version 21ème siècle de Tron. Son manque d’audace narrative, ses retournements un peu attendus, son excès de Jeff Bridges numérique (alors que le Jeff Bridges naturel et barbu a une stature impressionnante et un petit éclair zen rappelant le Dude de The Big Lebowski), son absence trop grande du personnage emblématique qu’est Tron. Mais malgré cela, le film parvient à dépasser ses défauts pour nous faire naviguer dans les eaux du fantasme, de l’aventure en phase avec son époque, de l’expérience cinématographiques trippante. Le choc n’est plus là, mais c’est une glissade dans le rêve qui se vit, dans les sensations. Et c’est déjà un bonheur indéniable.
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