
Tom Ford réalisateur, j’étais aussi sceptique que tout un chacun. Un pro de la mode qui se prend pour Wong Kar Wai en signant un drame esthétisant sur un homme pleurant son défunt compagnon, ça sent le plantage à des kilomètres à la ronde. Pourtant hier après-midi j’ai vu A single man, ce fameux premier film de Tom Ford, et j’en suis sorti plutôt ébloui. Retirons le « plutôt ». Ébloui. Des gens beaux et bien habillés, une musique envoutante, des ralentis, les années 60… Il n’y a pas de doute, c’est chez Wong Kar Wai que Ford a puisé son inspiration pour ses débuts de cinéaste. Pourtant la bonne surprise c’est que A single man n’est pas une pâle copie d’In the mood for love.

Colin Firth prête donc ses traits à George, ce professeur anglais enseignant en Californie. Non seulement Firth lui prête ses traits, mais il le porte de la première à la dernière seconde avec une force incroyable. Il habite le personnage à chaque instant. Le comédien a toujours été quelqu’un d’immédiatement sympathique. Un acteur que l’on apprécie quoiqu’il fasse, même le film le plus futile. Quelque chose d’assez universel qu’il dégage et qui finalement l’a plutôt desservi puisqu’on a pris l’habitude de le voir dans des rôles « faciles ». George Falconer lui offre le plus grand défi de sa carrière, qu’il relève de façon incroyable.
Firth est de presque tous les plans du film, des plans qui ne mentent pas. Des plans longs, des plans qui le mettent au centre du cadre, au centre du film, dans lesquels il ne peut pas se permettre d’être seulement bon acteur. Et Firth ne s’en contente certainement pas. Son visage si familier semble capable de tout sous l’œil de Tom Ford. Regardez-le apprendre par téléphone la mort de son amant dans un accident. Regardez ce plan durer. Ce plan fixe sur Firth, qui arrive à tout transcrire. En une poignée de minutes. La joie d’avoir des nouvelles de son amant. L’incompréhension de ce qu’on lui dit. L’incrédulité. Le choc. Le gouffre qui s’ouvre en lui. La retenue de celui qui ne veut pas craquer en ligne. Et l’émotion qui emporte tout.
C’est une séquence, qui résume à petite échelle ce qu’est capable de faire Colin Firth pendant 1h41.
Sans Firth, le film aurait sans doute été tout autre. Peut-être la stylisation de

Maintenant, le défi pour Colin Firth sera de ne pas se laisser aller à retrouver ses confortables rôles futilement romantiques, ou exagérément costumés, pour poursuivre à offrir dans d’autres grands rôles cette mélancolique ardeur qui émane de lui. Pas de Bridget Jones 3 Colin, please. Please.
4 commentaires:
Colin Firth... Je ne connaissais même pas le nom de cet acteur. Le seul souvenir que j'en ai comme tu le souligne est son rôle dans Bridget Jones. Intéressant en tout cas ton point de vue, car j'ai entendu nombre de critiques sur l'aspect esthétique du film, qui s'apparentait à "du trop parfait". Heureusement donc que Colin Firth était là pour apporter une dimension plus humaine à ce premier essai de Tom Ford.
Tu ne connaissais même pas son nom ? ^_^ C'est vrai qu'il a jamais joué dans un film asiatique... ;-)
C'est sûr que le film frôle bien souvent le "trop parfait". Mais l'âme que Firth apporte au film transcende l'esthétique.
Provocation Dayvid ?! Je ne regarde pas que des films asiatiques, beaucoup certes, mais pas que ! Gardons une entente cordiale, veux-tu :)
Ne fais pas celle qui n'a pas le sens de l'humour Diana ;-)
Tu sais bien que je ne voudrais pas briser cette entente cordiale^^
Enregistrer un commentaire