vendredi 18 décembre 2009

Le jour où le cinéma coréen s'est emparé de moi


Lorsqu’une nouvelle décennie pointe le bout de son nez, faire le bilan de celle qui vient de s’écouler est inévitable. L’occasion est trop belle de dresser la liste des films ayant marqué nos papilles cinéphiles avec le plus de goût. Dans les jours qui viennent, il ne fait pas de doute que je compilerai mes films préférés sortis entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2009, mais en attendant, je sens poindre l’envie de faire une parenthèse coréenne.

L’idée me trottait dans la tête de faire le Top de mes films coréens préférés, et la fin de cette décennie me donne l’occasion de détourner un peu ce projet et de l’adapter au moment. Je ne suis pas un maître incontestable en cinématographie coréenne. Je connais plusieurs personnes ayant vu beaucoup plus de films que moi. Des personnes qui ont fait du cinéma coréen, ou plus généralement asiatique, leur champ de spécialité geek. Je ne suis pas un compulsif téléchargeant et important en masse, seulement un cinéphile ne ratant aucune miette en salles et essayant d’attraper le plus de films possibles en festivals en provenance de ce pays.

Néanmoins le spectateur avide de plongées en salles obscures que je suis s’est fait happé par le cinéma coréen, lentement mais sûrement. Les films sont une affaire de salle pour moi, et mon cinéma coréen a été au cours de la décennie un cinéma vu sur grand écran, d’où certaines lacunes, mais aussi et surtout un impact fort comme seule la salle le permet. Le cinéma coréen n’est qu’une petite partie de mon vivier d’expéditions cinéphiles, mais une partie qui me tient à cœur.

J’ai aimé beaucoup de films chinois et japonais avant de m’intéresser au cinéma coréen. Le fait qu’il y a dix ans on ne voyait pas autant de films coréens dans les salles françaises a bien sûr joué. Le fait que je n’ai pas été emballé par les premiers films coréens que j’ai vus n’a pas arrangé les choses. Sur la trace du serpent, Peppermint Candy, La 6ème victime, La princesse du désert et Ivre de femmes et de peinture sont les cinq premiers films coréens que j’ai vus en salles au cours de la décennie, entre 2001 et 2002. Je n’en ai véritablement aimé aucun. C’est à travers ces films que j’ai découvert la Corée, mais à l’époque aucun ne m’a vraiment impressionné. Je me souviens même à quel point Peppermint Candy de Lee Chang-Dong, devenu un de mes cinéastes préférés, m’avait gonflé à l’époque.

Le cinéma coréen a commencé à sérieusement me titiller avec Sympathy for Mr. Vengeance de Park Chan-Wook. Ou plutôt, sa bande-annonce. Vous en souvenez-vous ? L’aviez-vous déjà vue ? Aujourd’hui encore, elle me donne le frisson. La voix de Song Kang-Ho, le lyrisme enlevé du violon, et cette énergie pleine de rage que l’on devine derrière ces images. Je me souviens comme si c’était hier de l’état d’excitation cinéphile dans lequel cette bande-annonce me mettait à l’été 2003. Avec quelle impatience j’attendais ce film. Je me souviens aussi à quel point le film m’a déstabilisé une fois le générique de fin commençant à défiler. Symbolique du nouvel âge du cinéma coréen comme aucun des films que j’avais vus jusqu’ici, je découvrais un film auquel je ne m’attendais pas du tout. J’attendais un film noir, haletant et épique, et je me suis retrouvé nez à nez avec un drame social plus noir que l’encre. Je n’étais pas prêt pour un tel film.

Le cinéma coréen commença néanmoins à clairement m’intriguer. Je peux étonnamment presque dater le moment où il a fini par me séduire totalement, m’enlacer et me faire oublier un instant que les trois années précédentes, il ne m’avait jamais fait vibrer. C’était au printemps 2004. En l’espace de dix semaines ce printemps-là, j’allais voir six films coréens au cinéma. Ce printemps-là, je suis tombé amoureux du cinéma coréen. Printemps, été, automne, hiver… et printemps. La femme est l’avenir de l’homme. Oldboy. Deux sœurs. Wonderful Days. Memories of Murder. Ce sont ces films que j’ai vus au printemps 2004, presque coup sur coup, entre avril et juin. Trois d’entre eux ont fini cette année-là dans mes dix films préférés de l’année. Un ratio assez exceptionnel si l’on prend en compte le fait que sur toute l’année, je vis 230 films au cinéma, et parmi ceux-ci seulement huit coréens.

Depuis je n’ai pas téléchargé à tout va et acheté des tonnes de DVD en zone 3 pour tout voir, mais le cinéma coréen est entré dans ma vie de cinéphile et ne l'a plus quittée. Je passe tellement de temps au cinéma à voir un maximum de films de tous pays que j’ai rarement le temps d’en regarder chez moi. Je guette donc chaque incartade coréenne dans les salles obscures parisiennes. Mes lacunes sont à n'en pas douter grandes, pourtant quelque part cela me plait de savoir qu’il y a tant de films coréens qui m’attendent. Et même si je n’ai pas tout vu, cela ne m’empêchera pas de partager mes films coréens préférés de la décennie. Mais après cette longue mise en bouche, cela attendra mon prochain post...

8 commentaires:

I.D. a dit…

Oh mon Dieu ! Tu n'as pas aimé Ivre... de IKT !! J'en tombe à la renverse. Ca y est, je me suis relevé. :)
Pour Peppermint Candy, je peux comprendre, il n'est pas facile d'accès. Mais en le voyant à nouveau, les choses ont été différentes en ce qui me concerne. Après, les titres que tu cites, je suis d'accords avec toi, de l'excellent cinéma, bien que je fus quelque peu réticent à Old Boy.
J'espère que le cinéma Coréen continuera à être aussi créatif même si l'année 2009 fut difficile notamment en terme de production de film qui a énormément chutée. La crise est passée par là...

David Tredler a dit…

Non je n'avais pas aimé Ivre, mais c'était il y a 7 ans, j'étais bien jeune (lol), et je ne l'ai pas revu depuis. Il faudrait que je le revois ;-)
La crise et les quotats, rien de bon...

I.D. a dit…

Je pensais justement que la fin des quotats avaient mit à mal l'industrie du cinéma sud-coréen. Tu en parles dans ce sens, n'est-ce pas ? Bien sûr que tu en parles dans ce sens... pourquoi je pose la question moi.

David Tredler a dit…

Bien sûr que j'en parle dans ce sens ;-)

Pierre a dit…

Olala mais tu as commencé bien plus tôt que moi ^^.
Pour la créativité je ne pense pas que c'est une tant une histoire de quota qu'une sorte de perte "d'innocence" du cinéma coréen qu'il avait encore au début des années 2000.

David Tredler a dit…

Bien sûr que j'ai commencé plus tôt que toi Pierre^^ C'est un peu normal ;-)

Pierre a dit…

Oui mais je t'ai quand même largement rattrapé depuis, et puis j'aurais aussi pu commencer à regarder du cinéma coréen à 5 ans ^^.

David Tredler a dit…

Le cinéma coréen à 5 ans c'est rare en France^^ Mais depuis tu m'as plus que rattrapé ;-) Je me laisse distraire par trop de films pour arriver à me focaliser sur la cinématographie d'un pays^^

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