mercredi 9 décembre 2009

Christophe Lambert aime les nanars ? Et alors, moi je l'adore !

Lorsque l’on est cinéphile, il y a des acteurs ou des cinéastes que l’on ne doit pas aimer. C’est comme ça, une espèce de règle tacite entre cinéphiles pointus qui veut que l’on raille quelqu’un de la profession dès que sa carrière touche plus à la série B (tendance Z sur les bords) qu’aux genres respectables. C’est sûrement à cause de ça que JCVD s’est lamentablement planté au box-office il y a deux ans. Le problème c’est que ce genre d’élitisme tue le goût de la diversité au cinéma, qui se doit d’être un régal d’un bout à l’autre du stroboscope cinéphile.

Je fais partie d’une génération trop jeune pour avoir vu débarquer les films hollywoodiens de genre de la décennie 80’s d’un œil écœuré, et trop vieille pour voir cette même décennie comme un arc vieillot et dépassé de la chronologie du grand écran. La cinéphilie de chacun se nourrit de l’époque à laquelle il ou elle grandit, et moi quand j’étais gamin, Van Damme, Seagal, ou Lambert étaient des stars. Leurs tronches étaient partout, leurs films en tête du box-office, et quoi qu’aient pu en penser les cinéphiles mûrs de l’époque, ou quoi qu’en pensent les spectateurs plus jeunes aujourd’hui, ceux de ma génération ont emmagasiné ce cinéma dans leur culture cinéphile, aussi sous-culturelle soit-elle.

Le problème c’est que du coup, tous ceux qui ne sont pas de cette génération, et il y en a quand même pas mal, semblent assez largement mépriser l’affection que l’on puisse attacher à certains de ces acteurs, même lorsque les fluctuations de projets et la montée en force de jeunes cinéastes les voient s’afficher dans des productions bénéficiant d’un standing auxquels il ne nous avaient plus habitués.

Moi, j’aime bien Christophe Lambert. Ce n’est pas une phrase qui se lit souvent, mais je l’écris. Lambert, c’est une trajectoire un peu particulière sur plan cinématographique. Greystoke, Subway et Highlander en ont rapidement fait un grand espoir du cinéma français et international. Il sortait du Conservatoire, faisait la couv’ de tous les magazines, tournait chez Michael Cimino, et travaillait avec David Lean sur un projet d’adaptation du "Nostromo" de Joseph Conrad interrompu par le décès du cinéaste britannique. Bref, un acteur incontournable des années 80.

Pourtant sont arrivées les années 90, et avec elles, la crédibilité artistique de Lambert a volé en éclats. Des suites ratées de Highlander, des séries B aux scénarios éculés, des comédies françaises avec des chiens et Richard Anconina, et bientôt, avant que l’on s’en rende compte, Christophe Lambert était cantonné aux thrillers soporifiques pour le marché DVD. Et si d’aucuns pourraient arguer que moumoute et moustache lui allaient à ravir dans ce monument de série Z qu’est Vercingétorix, il faut bien l’admettre, Lambert semblait prendre un malin plaisir à faire les mauvais choix de carrière. D’ailleurs il a longtemps dit lui-même qu’il faisait du cinéma pour s’amuser (on ne l’en blâmera pas, mais n’y avait-il donc que sur ces films-là que l’on s’amusait à l’époque ?).

Et voilà, celui que les américains appellent Christopher Lambert semblait bel et bien fini. D’autant que l’autre raison qui forçait le respect envers le bonhomme était finie, puisqu’il avait divorcé de Diane Lane…

Ces jours-ci, j’ai fait l’amer constat que la cote de l’acteur est encore plutôt basse dans le cœur des cinéphiles lambdas. Je claironnais à qui voulait bien l’entendre que « Oui oui, je vais aller voir L’homme de chevet », « Quoi le truc avec Christophe Lambert ? », « Le truc avec Christophe Lambert oui »… Bah oui désolé je ne me refais pas. J’ai vu Janis et John de Samuel Benchetrit en 2003. J’ai constaté que Christophe Lambert était toujours un bon acteur quand il est bien dirigé, qu’il pouvait être drôle, touchant et voler un film en quelques scènes.

Alors oui, depuis il a encore tourné des direct-to-DVD pourris, il a joué dans le gros nanar de Sophie Marceau La disparue de Deauville, et en ce moment il parait même qu’il tourne un film d’aventures avec une princesse, une sorcière, des guerriers, Kevin Sorbo – oui oui, le Hercule télé des années 90 – et un budget de 1 million de dollars (des clopinettes). Non Christophe Lambert n’est pas un comédien 100% fiable. Des daubes il en a tourné des tonnes, et en tournera encore sûrement à l’avenir.

Mais il vient aussi de tourner avec Isabelle Huppert sous la direction de Claire Denis, White Material. Et il a tourné cet Homme de chevet d’Alain Monne, adapté d’un roman d’Eric Holder, une agréable surprise, certes inégale et qui ne finira pas dans de nombreux Top 10 à la fin de l’année, pas même le mien, mais un film qui sent bon le cinéma tout de même, loin de sa collection de nanars habituelle. Un film qui laisse espérer que Lambert délaisse plus souvent son marché DVD adoré pour se laisser reconquérir par des personnages à la hauteur de son talent.

La route est encore longue avant que Christophe Lambert redevienne un nom respecté sur grand écran, détaché des ricanements qui peuvent encore l’accompagner. Mais en attendant, moi, je continuerai à aller voir ses films en salles, dans l’attente. L’attente d’un sursaut. Je suis peut-être le seul à attendre. Mais j’ai l’habitude.

11 commentaires:

I.D. a dit…

En gros, ton billet c'est un teaser pour ton futur article sur L’homme de chevet ? Ou une façon de vouer ton amour à Christopher Lambert ? Lol.

Tu résumes plutôt bien ces acteurs eighties que sont C.L. à l'image de Sylvester Stallone, Mickey Rourke et bien d'autres. Bon ceux que je cite se sont fait une santé dernièrement (Rocky 57 et Rambo 36, The Wrestler).

Pour le coup, C.L. même jeune, j'avais du mal sauf peut-être le premier Highlander. Après, ils souffrent tous d'une stigmatisation pas très honnête du monde cinéphile (moi, le premier, j'avoue. Suis-je cinéphile ? J'en doute).

Par contre, je rebondis sur un film que tu mentionnes : JCVD, c'est une daube. J'ai du mal à parler ainsi des films en général. Pourtant on nous l'a vendu comme un renouveau incroyable d'un acteur qui montre là une facette jamais montré. Branlette, oui.

David Tredler a dit…

Mon billet c'est surtout pour marquer mon péché mignon pour les acteurs mal aimés, ce coup-ci Christophe Lambert ;-)

Je suis contre la stigmatisation oui. Vive la culture de tous les genres cinématographiques, et des acteurs qui en ont fait la gloire ! ^_^
Si si, je t'assure que tu es cinéphile I.D...

Par contre tu me provoques là en crachant sur JCVD... une daube ? Le film est inégal, mais la qualité de la performance de Van Damme offre une qualité incroyable au film ! Je te renvois à mes billets bilans que j'avais mis en ligne en janvier 2009, pour moi c'était une des grandes interprétations de 2008 ;-)
http://limpossibleblogcine.blogspot.com/search/label/R%C3%A9trospective%202008

I.D. a dit…

Je reviens de ton bilan 2008. Allons-y avec tout le retard qui m'incombe.

Le Limier, je ne connaissais même pas l'existance de ce remake. J'y porterai un oeil un de ces quatre si je mets la main dessus.

Que de goût pour souligné les talentueux Night&Day ainsi que Serbis, bravo.

Je vomis Martyrs devant lequel, disons-le je me suis fait ch..., embêter pour rester un minimum correct. Mince alors, David. Martyrs ? Etait-ce le seul film de genre français de 2008 pour qu'il soit qualifié ainsi ? Tout y est pourri sauf la scène d'ouverture : un pub pour une marque de café souluble du petit déjeuner qui vire au cauchemard, j'aime assez. Le reste, un pet foireux monumental, mal écrit, mal filmé, mal interprété. Après ça, la Jampanoi j'avais du mal à la voir un bout de temps et pourtant elle donne... à voir la jeune femme. C'est pour dire.

Arnaud Desplechin, je suis parvenu à améliorer mon coup de rein qui me permet d'esquiver ses films. J'aimerai savoir ce qu'on lui trouve...

Kassovitz avait du potentiel dans sa jeunesse mais ce type s'est perdu quelque part. On ne l'a toujours pas retrouvé à l'heure actuelle. C'est la Natascha Kampush du cinoche français, enfin pas encore, il n'a toujours pas été retrouvé comme dit plus haut à l'image de Kirk Wong dont je lance un appel ici pour lui. Kirk ! Où es-tu ?!

Les états-uniens et les remake. Quand est-ce qu'ils apprécieront les originaux à leur juste valeur. Je n'ai pas vu Bangkok Dangerous et je n'ai même pas envie, même sous la contrainte.
On parle de The Chaser avec Leonardo di Caprio. Ou en est celui de 36 d'Olivier Marschall avec de Niro ? Et tant d'autre encore...

J'irai dormir... pas vu. Diana adore "le divertissement TV" de ce mec. Quant à moi, plus ça va et plus je tape une overdose sur son concept.

The Mist, la fin je l'ai tellement venu voir de loin que j'en étais consterné. Consterné. Oui, terriblement amorphe, sans émotion, rien. J'en ai bâillé.

Le Jean-Claude VD, on savait que c'était un acteur. Tu ne te souviens pas de son émotion devant la mort de son frère dans Kickboxer, jeté comme un vulgaire sac à patate sur la chaussée, ça c'est un grand ;) Nan, franchement, je ne remets pas en cause sa prestation, plutôt bonne d'ailleurs mais le film en lui-même... uen daube !

Et donc, fin 2009 approche, The Chaser sera ou non ta bombe alors ? La suite dans le prochaine épisode, je suppose.

David Tredler a dit…

Désolé I.D., mais moi Martyrs j'ai trouvé ça incroyablement joué et réalisé. Une baffe énorme ! Du coup moi la Jampanoi j'ai aucun mal avec^^

J'ai grand espoir que Kassovitz revienne en force avec son prochain, le sujet est très prometteur et il va jouer dedans (un film sur les évènements en Nouvelle-Calédonie il y a 20 ans, la prise d'otages).

J'irai Dormir, je suis comme Diana, je suis fan^^

Les remakes US, c'est l'ignorance totale en générale. Ca ne m'intéresse pas. Les Ring, Dark water... là ils attaquent celui du beau "Morse". Pffff.

The Mist t'a laissé de marbre. Tu l'as vu venir de loin la fin ? On parle de la même chose ? De la scène dans la voiture ?

La prestation de Jean-Claude était magnifique. Tu ne me convaincras pas du contraire !^^

Fin 2009 approche, effectivement...Début janvier je ferai mon petit bilan, tu auras ta réponse pour The Chaser... Tu sauras mes films préférés, mes daubes de l'année, et je referai certainement ce bilan général au gré de l'humeur... Patience ;-)

I.D. a dit…

On réfléchit également à la chose à M.I.A. notre top 5 des oeuvres cinématographiques de l'année en cours. Y a eu des films intéressants entre Tokyo Sonata, 24 City et récemment encore avec Kinatay, à voir donc en janvier 2010.


Pour Kassovitz, je ne savais pas. J'espère qu'on va le retrouver en forme. Et pour The Mist, on parle bel et bien de la même chose, t'inquiète. Oui, oui le truc dans la voiture et lorsqu'il sort de celle-ci avec tout le contexte environnementale. Je ne vois pas comment les choses auraient pu être différente. Aucune surprise en somme. Dès le départ, je sentais cette fatalité qui frapperait, c'était joué d'avance. Je dis ceci sans rire et sans bien sûr me la raconter. Y a des fois...

Et pour conclure ! Tu gardes ça pour toi mais moi aussi la Jampanoi, je ne suis pas contre ;)
Mais son rôle dans Martyrs, bouah ! J'avais envie de lui en mettre une en pleine tronche bien qu'elle soit une femme ! Elle était consternante de nullité, si ce n'est son personnage en fait. Beaucoup de bruit pour rien autour de ce film. Navrant. Nan, franchement, ne parlons plus de ce truc. C'est aussi pourri que Haute Tension ou bien Frontière(s). En barre, la daube, en barre !

Le goût et les couleurs... bref, un autre point de discordance mon cher ami. ;)

David Tredler a dit…

Eh oui, les goûts et les couleurs...^^ Mais Martyrs j'y étais allé à reculons, je suis pas fan du genre quand c'est trop gore, mais vraiment celui-là m'a impressionné. (t'inquiète je dirai rien pour miss Jampanoi...^^)

Pour The Mist, moi je parle de ce qui se passe DANS la voiture, pas après quand il sort. Quoique si aussi, par extension, mais le choc c'est ce qui se passe dans la voiture.

Oui j'espère bien que vous allez faire un Top de vos films asiats préférés de l'année sur MIA !! Je suis dégoûté que BREATHLESS ait été repoussé à février alors qu'il devait sortir aujourd'hui. Il aurait figuré en très bonne place dans mon Top 2009...

I.D. a dit…

J'ai vu ça pour Breathless, je me demande à quoi est du ce changement de date. Tu pourras toujours le mettre à côté de Mother de BJH en 2010.

The Mist DANS la voiture et oui une nouvelle fois, j'avais vu le truc à des kilomètres qui me séparent de ta salle de ciné préféré. Disons que pour un film de cette nationalité cela peut-être surprenant tant ce genre de chose est rare dans le cinéma nord-américain, bien que je ne sois pas un spécialiste du cinéma canadien. Disons alors le cinéma des Etats-Unis d'Amérique pour faire long et pompeux comme il se doit.

Pour le cinoche horrico-gore français, il manque encore ce quelque chose pour dire : ok, on tient un truc là...

J'espère bien voir dans ton top '09, Singularités d'une jeune fille blonde de Manoel de Oliveira ou bien encore Ce Cher mois d'août de Miguel Gomes, deux beaux films qui ne sont pas assez appréciés à leur juste valeur... malheureusement.

David Tredler a dit…

Bah oui du coup Breathless figurera dans le Top 2010, mais bon il aura sa place dans mon bilan...^_^Il va falloir que je commence à jeter n oeil sur ce que j'ai vu cette année pour dessiner les première lignes de mon Top... même si j'ai déjà quelques petites idées...

Quant au Oliveira et au Gomes, je préfère tout de suite désarmorcer ton attente quant à leur présence éventuelle dans mes films préférés... ils n'y seront pas pour la simple et bonne raison que je ne suis pas allé les voir ! Désolé, je devine ainsi que du sang portugais coule cetainement dans tes veines, mais je n'ai pas été tenté d'aller les voir... !

I.D. a dit…

Pourquoi m'interpelles-tu sur le fait que j'ai du sang portugais dans les veines ? :-/ T'es marrant, je participe à un blog de cinoche asiatique, je mets (cinématographiquement parlant) le continent asiatique en avant. Je pourrais être un homme des contrées lointaines d'orient, non ?
Ah, oui, je vois. Tu dis sans doute cela parce que ce sont deux cinéastes portugais. Ok. Et bien, même s'ils étaient polonais, ils n'empêchent que ces deux films sont des chefs-oeuvres mon ami, oui, des chefs d'oeuvres ! Et que ces deux cinéastes sont deux grands avec un grand G !

Bon, je dis tout ceci avec désinvolture et une pointe infime de provocation mais je me doutais au vu des tes billets presque quotidien que tu n'étais pas allé les voir.
Je ne te blâmerai pas puisque tu es quelqu'un d'ouvert en terme de cinoche donc... juste dommage que l'envie n'est pas été là.
Tout ça pour dire, que oui, en effet, il me semble te l'avoir dit dans le passé, j'ai du sang portugais qui coule dans mes veines. Pourtant ce n'est pas ça qui fait que j'en parle ou qui fait que je suis allé les voir. Manoel de Oliveira c'est pour le cinéaste qu'il est (carrière et sa part à l'édifice Cinéma). Je n'ai pas été déçu de son dernier. Il livre une oeuvre qui t'enverrai pas mal de réal' derrière les pupitres. J'ai été époustouflé par tant de fraicheur et de maîtrise pour un cinéaste si âgé, disons-le. Après le Miguel Gomes, je connaissais, c'est donc un metteur en scène que je suis comme j'ai un oeil sur certains artistes qu'ils soient britannique, espagnol, italien ou bien argentin...

Enfin, t'inquiète, je t'ai compris. Bon. A demain. Inch'allah ! Tiens, j'aurai pas du sang d'un pays arabe des fois ? ;)

David Tredler a dit…

Ca fait forcément louche que tu m'interpelles justement sur deux films portugais ;-)
Mais je comprends que tu appuies les films méconnus que tu aimes, je fais pareil. Seulement, pas avec ceux là^^ Si je les vois un jour, peut-être ;-)

Denise Payet a dit…

Christophe Lambert est l’un des acteurs français que je préfère. J’ai bien aimé son interprétation dans le film La Disparue de Deauville, disponible en streaming pour mobile sur http://m.playvod.com. Pour ce film, il s’est mis dans la peau d’un policier déterminé à faire son boulot, alors qu’il est toujours accablé par la mort de sa femme.

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