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vendredi 11 février 2011

2011 nous a déjà offert du beau cinéma

Les semaines passent, 2011 se fait de plus en plus concrète, et je me rends compte que je ne parle pas assez des films qui m’ont séduits depuis le début de l’année. J’ai passé tant de temps à réfléchir à ceux qui m’avaient marqués en 2010, et à écrire à propos de ceux qui me font rêver pour les mois à venir, que je n’ai pas pris la peine de dire qu’en ce début d’année, il y avait déjà eu du beau cinéma. Enfin si, une fois. Mais il y a eu encore mieux que The Green Hornet (et là j’en entends déjà grogner devant leur écran « C’était même pas si bien que ça le Gondry d’abord ! »).

Bien sûr il y a eu deux tiers d’un bon film pour Eastwood. Bien sûr il y a eu Luis Tosar et Même la pluie. Mais il y a surtout eu Sofia Coppola et Denis Villeneuve. Somewhere et Incendies. Une exploration de la vacuité existentielle et une quête identitaire à travers les années. Des siestes en bord de piscine privée pour l’un, des révélations humaines en piscine publique pour l’autre. Des tours de circuit en Ferrari pour l’un, des traversées périlleuses à travers les balles pour l’autre. Deux films qui n’ont rien à voir, mais deux films qui marquent le début de l’année de l’empreinte de leur qualité.

Somewhere, ou le pouvoir de l’hypnotique. Incendies, ou le pouvoir du récit. Je suis sorti hébété et fasciné du premier. Je suis sorti hébété et ému du second. Non, Coppola n’a pas volé son Lion d’Or à Venise. Oui, le Canada mérite de décrocher l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère à la prochaine cérémonie hollywoodienne. Je pourrais en tartiner des lignes entières, mais parfois être concis suffit à exprimer l’admiration et l’émotion.

dimanche 3 octobre 2010

J'ai aimé "Les amours imaginaires"

J’ai découvert que le premier film de Xavier Dolan, l’excellent J’ai tué ma mère, n’était pas un miracle. Ce n’était pas le coup de chance d’un gamin de 19 ans. C’aurait pu l’être si le gamin de 20 ans qu’il était un an plus tard n’avait pas écrit, réalisé, interprété et produit Les amours imaginaires (et encore, je n’ajoute pas qu’il s’est occupé des costumes et du montage).

J’ai aimé. C’est tellement simple et bête à écrire qu’on ne l’écrit que trop rarement. J’ai aimé Les amours imaginaires. J’ai aimé cette caméra glissant avec soin, lenteur, désir sur les corps de ses interprètes. J’ai aimé la lenteur oui. L’amour décrit au ralenti. Les sentiments naissant avec une douceur éclatante. J’ai aimé la pudeur des sentiments que l’on n’ose avouer, et qui ne s’expriment jamais mieux que par les silences et les gestes. J’ai aimé tout ce qui se dit sans parole. J’ai aimé la beauté triste de Xavier Dolan acteur et celle surannée de Monia Chokri. J’ai aimé l’amitié jalouse et pourtant fidèle.

J’ai aimé la verve de ces intermèdes irrésistibles sur les affres de l’amour, qui s’invitent régulièrement au cours du film, leur justesse de ton et l’acuité des sentiments décrits.
J’ai aimé Dalida –avais-je jamais aimé Dalida ? – faisant résonner inlassablement « Bang Bang » dans les rues et les appartements de Montréal. J’ai aimé voir Wong Kar Wai et Hou Hsiao Hsien dans le cinéaste qu’est Xavier Dolan, faisant d’un mouvement et d’un regard un cinéma qui nous rappelle le Hong Kong ou le Taïwan années 60 des cinéastes chinois, cette même élégance, cette même obsession du style qui traverse le film.
J’ai aimé l’amour et l’amitié vus par Dolan. La beauté et la tristesse. J’ai aimé l’amour impossible, l’amour non partagé. J’ai aimé.

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