mardi 27 novembre 2012

« Modus Anomali », syndromes d’un échec décevant au PIFFF


Quand on a un emploi du temps serré et que l’on étudie le planning d’un festival comme le PIFFF, le plus dur c’est de se rendre compte qu’un film que l’on désire ardemment voir sera hors de portée. C’est le problème des projections uniques, et au PIFFF, il n’y a que cela, des projections uniques. J’aurais aimé voir le nouvel « Universal Soldier » (si si !) dont le taulier de « Fun,culture et pop » m’a dit le plus grand bien, mais je n’ai pas pu. Alors quand l’un des films qui a éveillé mon attention se révèle accessible, la satisfaction est immense… et la déception d’autant plus cruelle.

« Modus Anomali » m’avait vite sauté aux yeux dans le programme du Paris International Fantastic Film Festival, peut-être parce que le dernier film indonésien vu s’appelait « The Raid », peut-être parce que le survival est un genre qui me plaît, peut-être parce que les échos mitigés mais forts du film m’intriguaient. Toujours est-il que « Modus Anomali », je me suis jeté dedans avec une véritable soif d’exaltation. La salle du Gaumont Opéra semblait un peu plus pleine que pour « Doomsday Book » la veille. Est-ce l’actrice Fanny Vallette que j’ai cru reconnaître sur la gauche ? C’est en tout cas bien Plastic man que j’ai vu s’asseoir au premier rang. Juste avant que le film commence, un couple à pop-corn (peut-être le seul de la salle ?) décide de venir s’asseoir juste à côté de moi, avec un petit bonus de consulting de textos en prime, et un évident sentiment qu’ils n’avaient pas leur place dans la salle. Le mec semblait vraiment vouloir se barrer pendant le film, mais la fille semblait elle ne pas oser, ils ont donc patiemment attendu la fin du film.

La projection a commencé par un amuse-bouche étrange, un court-métrage philippin produit par Justin Lin (oui oui, celui qui a réalisé les « Fast & Furious » !), intitulé Vesuvius. Sans dialogue aucun, le film montre la Vierge apparaissant de façon presque inquiétante à un jeune lui-même louche, du genre j’aimerais-pas-le-croiser-à-3h-du-mat’-dans-une-ruelle-celui-là, ce genre de louche là. Pas mal pour mettre l’ambiance avant « Modus Anomali », d’autant que l’on s’y plaît à reconnaître Rustica Carpio, une vieille actrice que l’on croise souvent chez Brillante Mendoza, dans Lola ou le récent Captive.

Juste avant le lancement de « Modus Anomali » nous a été projeté un petit message vidéo introductif par le réalisateur lui-même, Joko Anwar, grâce auquel il a fait se marrer la salle en qualifiant son film de « familial » et susceptible de plaire aux enfants français, alors que tout le monde se doutait bien du contraire. Dommage que la blague fut meilleure que le film lui-même. Du potentiel que je distinguais sur le papier, je n’ai pas trouvé grand-chose à l’écran. Seule l’esbroufe a fait son apparition. Jamais le film n’est parvenu à me convaincre, pas même dans sa première partie prometteuse. Un homme s'y réveille en pleine forêt, à moitié enterré vivant, sans aucun souvenir de qui il est ou ce qu’il fait là. Une fois sorti de son trou, la panique le gagne vite, et se décuple lorsqu’il trouve une maison enfoncée dans les bois dans laquelle il trouve le cadavre d’une femme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la femme présente en photo avec deux enfants dans son portefeuille. Sa femme. Ses enfants. Il va alors se mettre en quête de ces derniers, tout en prenant soin d’éviter de tomber sur le psychopathe qui s’est attaqué à sa famille.

Le synopsis est accrocheur, mais l’exécution scénaristique de Joko Anwar laisse vite à désirer. Le point essentiel pour qu’un tel film happe le spectateur, c’est que celui-ci parvienne à s’identifier au protagoniste malmené, qu’il croit en sa situation, en sa détresse, en sa volonté de se sortir de ce scénario infernal. Or ce n’est pas le cas dans « Modus Anomali », qui nous offre un personnage pantin qui fait tout pour arranger l’intrigue mais rien pour se rendre vivant à l’écran, enchaînant les actions que personne ne ferait à sa place dans l’optique de s’en sortir, et ce d’entrée de jeu, avant même que le danger soit évident et qu’il perturbe potentiellement les neurones.

Prenez le coup du téléphone, un détail qui en dit long sur les problèmes du scénario. Notre héros, John, lorsqu’il se réveille enterré vivant, a la présence d’esprit d’attraper son téléphone et d’appeler les secours, parce qu’il se dit tout de même que c’est plus que louche de se réveiller enterré vivant, même s’il ne se souvient de rien. Mais quand, au bout du fil, les secours lui demandent son nom et qu’il se rend compte qu’il ne se souvient pas de comment il s’appelle, que fait-il ce brave John ? Il raccroche, laisse tomber son téléphone, fouille son portefeuille et passe à autre chose, laissant là son téléphone. Hein ? Quoi ? Tu te réveilles dans la forêt, tu sais pas où t’es, qui t’es, qui t’a foutu vivant dans un trou, et tu laisses ton téléphone derrière toi, John ? D’entrée de jeu, un détail comme ça me fait tiquer. J’ai vu suffisamment de films du genre pour être agacé par un scénario qui n’essaie même pas de nous faire croire au truc. L’empathie ne nait jamais puisqu’on ne croit jamais au personnage central. Cela finit même par confiner au ridicule lorsque les actions inconsidérées du protagoniste finissent par avoir des conséquences néfastes. C’est peut-être même cela le pire. Il arrive un point dans « Modus Anomali » où après nous avoir baladés en vain dans la forêt pendant plus d’une heure, la seule réaction devient le rire face au grand-guignolesque même pas cherché. Le rire ne vient pas d’un humour noir corrosif, mais de portes ouvertes au ridicule qui rendent même le film prévisible (et oui et franchement, avoir tourné le film en anglais, c’était aussi une très mauvaise idée qui n’arrange rien…).

Et puis il y a ce dernier acte. Ce dernier quart d’heure qui voudrait redistribuer les cartes du film et y apposer un nouvel enjeu, nous coller une baffe en nous disant « Tiens ! Tu l’as pas vue venir celle-là, hein ?! ». Le souci c’est que pendant les 70 minutes précédentes, le film ne tournait tellement pas rond que l’on avait le temps de se concentrer sur des détails, sur certains personnages, certaines caractéristiques, et surtout l’esprit avait le temps de divaguer pour tenter d’expliquer pourquoi rien ne fonctionnait dans le scénario. Il y avait forcément quelque chose qui clochait dans l’intrigue pour justifier un tant soit peu la tournure ridicule des évènements. D’où l’attente du twist. Oh je ne prétendrai pas avoir deviné parfaitement le twist avant qu’il ne s’impose à nos yeux, mais le fait est que les contours s’en dessinaient plus tôt que le réalisateur ne le voulait certainement. Et c’est d’ailleurs symptomatique de « Modus Anomali », ce sentiment qu’en tant que spectateur, on ait toujours un ou deux coups d’avance sur le héros et sur l’intrigue. Les effets de surprise affolent ainsi à peine l’électrocardiogramme. Et en ce qui concerne le retournement du dernier acte, même si cette nouvelle perspective donne du piment au film, elle arrive bien trop tard, à moins de vingt minutes du générique de fin, pour véritablement changer l’appréciation du film jusqu’ici. Lorsque l’on passe 75% d’un film à se dire « N’importe quoi… », le dernier quart d’heure devient un détail, à l’image de ceux qui ont malheureusement souligné les carences du scénario.

Ainsi s’est achevé mon PIFFF 2012, trop vite après avoir commencé trop tardivement. Mais 2013 sera certainement une année différente, si la fin du monde nous est épargnée, non ?

dimanche 25 novembre 2012

Le film que Stanley Kubrick ne voulait pas que je voie


David, Stanley. Stanley, David. La première fois que l’on m’a présenté à Stanley Kubrick, ça aurait pu se passer comme ça. Cela s’est même certainement passé ainsi, mais de manière beaucoup plus… comment dire… suggérée. Je me suis retrouvé devant un écran de télé qui passait « Full Metal Jacket », et l’écran de télé m’a dit « David, Stanley », d’où ma supposition que de l’autre côté du poste, et donc de la Manche, dans son manoir anglais, ma tête apparaissait chez Stanley Kubrick, et son écran lui disait implicitement « Stanley, David ». Enchanté. Enchanté, je le fus de découvrir son film qui me fit l’effet d’une claque, comme tous les films estampillés Kubrick que j’ai découverts depuis, de l’humour ravageur et conscient de « Docteur Folamour » à la troublante inquiétude de « Eyes Wide Shut ».

Quand on aime le cinéma, on apprend puis l’on découvre avec nos propres yeux que Stanley Kubrick était l’un des plus grands, et que s’il n’a pas fait beaucoup de films, tous ont su marqué leur époque et le cinéma d’une empreinte puissante. Et puis un jour, j’ai appris que le film que je croyais être son premier, « Le baiser du tueur », était en réalité son second déjà. Qu’une poignée d’années avant, à peine, il avait réalisé un long-métrage qui s’intitulait « Fear and Desire », un film rare que Kubrick lui-même a passé sa carrière à dénigrer et à chercher à faire disparaître, tout honteux qu’il en était.

Mais quoi qu’en ait pensé Stan lui-même, la ressortie en version restaurée de ce premier film de Kubrick représentait un évènement incontournable, et je me suis donc engouffré dans le souvent triste Saint-Lazare Pasquier pour y découvrir en compagnie de une… deux… deux… deux… ah non, en voilà une troisième, trois spectatrices curieuses tout comme moi de poser les yeux sur cette rareté (oui je sais, quatre dans la salle pour un Kubrick, c’est maigre…). Eh bien devinez quoi ? Il avait raison, le bougre de Stan. Ils n’étaient pas terribles, ses premiers pas derrière la caméra. Il a envoyé quatre acteurs déguisés en soldat dans une forêt californienne en nous faisant croire que la guerre faisait rage dans cette forêt d’un pays non-identifié, cette guerre non identifiée qui n’est même pas réelle. C’est un voyage auquel il nous convie, une hypothèse qui tient plus de la réflexion malickienne, sans l’assurance de maître Terrence.

Nos soldats divaguent entre les arbres, les acteurs surjouent, et Kubrick semble peu sûr du ton qu’il veut donner, de l’atmosphère qu’il veut accrocher. Le fait que le film manque clairement de moyens n’arrange rien, le désir de créativité ayant peut-être été brimé par le potentiel budgétaire du long-métrage (qui n’est pas si long, à peine plus d’une heure). Alors c’est comme ça que tu avais commencé ta carrière, Stanley ? C’est cela, le film que tu voulais que le monde oublie ? Oui, bon, ça peut se comprendre. Mais le plaisir de découvrir un Kubrick sur grand écran aura été plus fort que ton désir de nous le cacher, finalement…

vendredi 23 novembre 2012

Apocalypse à la coréenne au PIFFF


A le voir ainsi s’afficher Boulevard des italiens, dans l’une des grandes salles du Gaumont Opéra, ce Paramount Opéra de mon enfance, on pourrait croire que le Paris International Fantastic Film Festival, le PIFFF pour tout le monde déjà, est implanté dans le paysage cinématographique parisien depuis plus d’un an. Pourtant ce n’est bien qu’un premier anniversaire que la manifestation fête avec cette seconde édition. Il était facile de se demander si la capitale mondiale de la cinéphilie avait de quoi loger un second festival de films de genre important, dans l’ombre de « L’Étrange Festival » qui ouvre traditionnellement le mois de septembre, et il avait suffi de la première édition pour se rendre compte que la place cinéphile parisienne regorgeait d’amateurs de fantastique, horreur et autre SF qui définissent la ligne éditoriale du festival.

Si l’an passé, le PIFFF premier du nom s’était déroulé en une poignée de jours à peine, les organisateurs de la version 2012 ont fait les choses en plus grand en étalant le festival sur dix jours. Dommage que les prix s’en ressentent également (à moins qu’en 2011, ils furent les mêmes ?), lorsque l’on voit que le pass pour le festival, donnant un accès illimité au festival, soit chargé 140 euros.  140 euros !!! Excusez-moi, je m’en étouffe encore ! Pour rentabiliser le pass, il faut être sûr de voir une vingtaine de films, rien que ça… Je me demande s’ils en ont vendu beaucoup…

Enfin, non merci pas de pass pour moi, ni d’accréditation, je suis entré par la porte des simples spectateurs au milieu de tous ces badges pendant aux cous de tant de spectateurs dans la salle. J’ai démarré le PIFFF avec près d’une semaine de retard, et c’est finalement pour un film coréen que j’ai enfin mis le pied au festival. Un film à sketchs intitulé « Doomsday Book », coréalisé par Yim Pil-Seong et Kim Jee-Woon. Le premier n’a jamais eu la primeur d’une sortie en salles pour ses longs-métrages, que ce soit « Hansel et Gretel » ou « Antartic Journal ». Le second est au contraire l’un des cinéastes coréens les mieux exportés, avec des réalisations telles que « A bittersweet life », « Deux sœurs », ou le plus récent « J’ai rencontré le Diable ». Les deux compères ont réalisé un sketch et demi chacun, si l’on peut dire.

Dans cette grande salle du Gaumont Opéra, pas loin d’être pleine, le présentateur nous a prévenu que le sketch réalisé par Kim Jee-Woon tranchait assez nettement avec ce que l’on connaît du réalisateur de « Le bon, la brute et le cinglé », précisant que si ses films sont habituellement « cosmétiques », celui-ci affichait un ton beaucoup plus sérieux. A moins qu’il ait voulu dire par là, de façon détournée et métaphorique, que le cinéma de Kim Jee-Woon est habituellement artificiel (hum...), je pense que le mot qu’il cherchait plutôt à employer était « caustique » (non ?). Car effectivement, le cinéaste a ici laissé de côté sa causticité pour se plonger dans une réflexion philosophique sans humour aucun. Cela semble par bien des aspects pompeux, cette histoire de robot dans le futur qui travaille dans un temple bouddhiste et se met à penser par lui-même, au point que les moines le prennent pour la réincarnation de Bouddha. Pourtant il s’en dégage une vraie force de caractère réflective qui transporte dans un drôle d’état second. « Heavenly Creature », c’est le titre de ce sketch, est le second acte de cette anthologie de films, qui tranche assez nettement avec le premier, réalisé par Yim Pil-Seong.

C’est « A cool new world » qui avait donc ouvert le bal, avec l’acteur Ryu Seung Beom (le frangin du réalisateur Ryu Seung Wan) qui interprète la première personne infectée par un virus qui va rapidement transformer une bonne partie de la population coréenne en zombies. Le film démarre sur les chapeaux de roues, bourré d’humour et de petites trouvailles qui malheureusement n’aboutissent qu’à un film finalement banal, ne trouvant pas de second souffle et nous guidant vers un dénouement étonnamment pépère. Cela n’en a rendu le film bouddhiste de Kim Jee-Woon que plus marquant, et le dernier segment plus efficace. Celui-ci, intitulé « Happy Birthday » est un film de fin du monde assez branque, et ça, ça le rend tout de suite très sympathique.

Imaginez plutôt le concept : un astéroïde fonce sur la Terre à une allure qui garantit la fin de la vie sur Terre, et nous prenons le compte à rebours à douze heures de l’Apocalypse. Mais à mesure que l’objet approche de notre planète bleue (verte chez les coréens), on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un astéroïde mais d’une… gigantesque boule de billard que la protagoniste, une gamine, avait commandé sur Internet sans se douter qu’elle condamnait ainsi l’humanité entière. Ce n’est pas génialement dingue un concept pareil ? Si, ça l’est, et en plus le sketch est à la hauteur, avec notamment de délicieuses informations télévisées qui font vivre aux coréens la fin du monde en direct sur le petit écran, dans une ambiance foutoir délicieuse, assez similaire aux scènes télévisuelles du premier sketch dans lequel le réalisateur Bong Joon-Ho fait une apparition assez hilarante en activiste qui aime taquiner de la guitare. Oui « Doomsday Book » a définitivement un grain, et ce n’est pas pour me déplaire.

Dans la salle, l’humeur était festive, entre mon voisin de droite qui chantait le thème de Dark Vador lors du dernier sketch en apercevant une figure qui rappelle légèrement le personnage de Star Wars, et mon voisin de gauche qui laissait éclater un rire assez inquiétant lorsque l’humeur lui en prenait (vraiment inquiétant). Pendant ce temps, un spectateur se marrait comme s’il croyait à une blague ou une erreur en entendant parler de la « Maison bleue », le surnom de la résidence du Président coréen, comme l’Élysée en France.

A la sortie, dans le froid retrouvé de l’automne parisien, je tombais sur Plastic Man, toujours aussi pressé et peu vêtu (en T-Shirt par ce beau temps, il n’y a que lui pour oser), et fidèle aux évènements immanquables de la cinéphilie parisienne. Allez, je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin au PIFFF…

lundi 19 novembre 2012

Sinister, quand l’horreur est autant dans la salle qu’à l’écran


Le ras-le-bol me guette. J’ai l’impression qu’en ce moment, les dieux de la cinéphilie sont contre moi et que les projections tordues s’enchaînent. J’ai beau me dire que c’est parce que je vais beaucoup au cinéma que je tombe régulièrement sur des connards en guise de co-spectateurs, je commence à sérieusement douter. La poisse me poursuit peut-être véritablement en ce moment. Et là j’ai comme un besoin de souffler. De laisser les cons de côté, de les oublier et de rester entre gens de bonne compagnie.

Bien sûr, finalement, alors que je trouvais vraiment bête que des cinémas déprogramment « Sinister » de Scott Derickson suite aux perturbations connues le soir d’Halloween dans certains multiplexes projetant « Paranormal Activity 4 », il a fallu que je voie « Sinister » lors d’une séance amplement perturbée. Non, je ne suis pas allé voir le film en VF dans un multiplexe de banlieue un samedi soir. J’y suis allé un dimanche, en début d’après-midi, dans un cinéma supposé être, malgré son grand nombre de salles, plus « art & essai » que le tout-venant des multiplexes, à savoir le MK2 Bibliothèque. Je me souviens encore de cette phrase de Nathanaël Karmitz, le patron de MK2, lue récemment, qui disait que lorsque l’on va voir « Harry Potter » dans un multiplexe lambda, on va voir un blockbuster, mais lorsque l’on va voir « Harry Potter » dans un MK2, on se cultive. Bah mon vieux, tu traînes pas souvent dans tes cinémas, sinon tu tournerais plusieurs fois la langue dans ta bouche avant de dire une connerie pareille. Désolé pour le tutoiement, je suis encore un peu tourneboulé par la séance « culturelle » que je viens de vivre dans l’un de vos établissements… (vous voyez, le vouvoiement de rigueur est vite revenu).

Je ne saurais accuser le MK2 Bibliothèque (seul) des maux de cette pénible séance de Sinister que j’ai vécu. Il y a très certainement plusieurs paramètres qui ont fait que ce jour, en cet endroit, il était écrit que je vivrais une des projections les plus pénibles de ma vie de spectateur, probablement la pire depuis celle, malheureusement inoubliable, de « Dernière séance ». Il y a le genre du film, il y a l’éducation des spectateurs, il y a les smartphones… Et la gestion des salles du MK2 Bibliothèque, quand même, désolé.

Bon, reprenons au commencement. C’était un beau dimanche de novembre, bon d’accord, météorologiquement parlant, c’était plutôt un dimanche pourri, mais pour moi c’était un beau dimanche qui avait commencé autour d’un brunch entre amis et qui allait se poursuivre vers un bon film au ciné. Direction le MK2 Bibliothèque en ce début d’après-midi pour aller se faire peur avec Sinister. Cela me semblait un bon choix pour découvrir le film, plutôt que d’aller le voir un soir entouré de spectateurs emmerdants comme cela peut souvent être le cas en soirée. Dans les couloirs du cinéma, pas grand monde. A un quart d’heure du début de la séance, nous ne sommes que cinq ou six à attendre l’ouverture des portes pour la salle. Le film était projeté dans la salle C, une des nouvelles salles du MK2 Bibliothèque, loin de toutes les autres (sinon la D), où il semble que jamais aucun employé du cinéma ne vient ouvrir les portes et contrôler le flux des spectateurs. Ceux-ci se démerdent. Vous direz que je n’ai pas une grande foi en l’humanité, mais les cinés où les spectateurs se gèrent eux-mêmes, je n’ai jamais trouvé ça bien efficace.

A quelques minutes de l’heure attendue, quatre ados qui ne doivent pas avoir plus de 14 ans arrivent en courant avec leurs seaux de pop-corn, voient que l’on attend, décident d’entrer quand même, en ressortent quand ils constatent que l’on n’attend pas pour rien, et commencent à parler et se marrer fort. Ceux-là, direct, je choisis de les laisser entrer dans la salle avant moi, parce qu’il est hors de question que je les voie se coller à moi. Manque de bol, ils choisissent pile le rang que j’aurais pris eussé-je pénétré dans la salle le premier. C’est bon, déjà, ça me met dans un état d’énervement que l’on pourrait nommer A, je me colle un rang plus haut presque complètement sur le côté, plutôt que rester trop près d’eux, je n’ai pas envie qu’ils me gâchent le film. Si j’avais su la tournure qu’allait prendre la séance, je me serais collé au centre la salle au-dessus ou en-dessous d’eux, car finalement ces quatre-là se sont tus dès que le film a commencé.

Lorsque le film a commencé justement, la salle était quasi pleine. Trois ou quatre places dans les deux premiers rangs, et deux places sur ma rangée, une juste à ma droite, et une autre un peu plus au centre. L’ambiance s’est délitée en deux temps. Le premier temps fut l’entrée en salle d’un couple, alors que Sinister avait commencé depuis au moins trois minutes, qui n’a pas cherché à voir s’il restait des places sur les deux premiers rangs et sont directement montés vers les cinquièmes et sixièmes rangs pour contempler le degré de remplissage. Tout était plein à ce niveau-là, sauf bien sûr les deux places de ma rangée. Ni une ni deux, ils piétinent presque les pieds de ma copine qui ferme le rang sans lui demander pardon et sont sur le point de faire pareil avec moi quand je me lève pour les laisser passer. Ils demandent alors au spectateur tranquillement assis à deux fauteuils de moi de se décaler. Le film est commencé depuis quatre ou cinq minutes à ce moment-là. C’est tout juste s’ils s’excusent de déranger. Je sais très bien qu’il reste quelques places devant, alors je râle allègrement et sans discrétion pour le dérangement causé. Mon état d’énervement passe au niveau B.

A peine assis, le couple commence déjà à se murmurer des commentaires, et la fille à envoyer des sms avec son Blackberry. Gé-nial. Des spectateurs comme je les aime. Je passe directement au niveau d’énervement C. Okay, je souffle un grand coup, je prends sur moi en leur faisant tout de même comprendre qu’ils pourraient être plus discrets, ce sera peine perdue pendant toute la durée du film. Si encore c’en était resté là, je crois que j’aurais pu rester calme, et mon état d’énervement redescendre un peu. Mais quelques minutes après que mes nouveaux voisins se soient installés à ma droite, j’ai commencé à sentir le sol trembler. Y a une escouade de soldats qui court vers le front ou quoi ?

La porte de la salle, située à côté de l’écran, s’ouvre soudain dans le bruit de conversations multiples. Ils ont 14 ou 15 ans tout au plus et semblent entrer tel un troupeau. Un, deux, trois, quatre, cinq, six… j’arrête de les compter quand je crois qu’il s’agit là d’une classe qui s’est trompé de salle. Mais on est dimanche, et il s’agit là d’une bande d’ados, pas loin de dix, filles et garçons, qui arrive en retard et vraisemblablement, vu le nombre de fauteuils libres qu’il reste dans la salle, sans être passés par la caisse et le contrôle des billets. Soit ils auront trouvé une entrée dérobée, soit ils seront sortis d’une salle et seront venus jusqu’à celle-là. Ils ne se posent même pas la question des premiers rangs et montent vers le fond de la salle dans le bruit, ce qui pousse les spectateurs à leur crier en retour d’une seule voix un gros « CHUT ! » auquel ils font à peine attention.  Niveau d’énervement ? D. Arrivés tout en haut de la salle, quand ils comprennent que celle-ci est pleine et qu’ils ne peuvent monter plus haut, ils restent dans les escaliers de la travée et commencent à discuter à voix haute de la stratégie à adopter. Ce qui leur vaut un magnifique « Putain vos gueules » d’une rangée plus haut, à quoi l’un d’entre eux lui répond « C’est qui qui a dit ça, toi ta gueule ! ». Niveau E.

L’un d’entre eux calme le jeu, et ils décident de s’installer là, dans les escaliers, assis par terre, juste à côté de nous. Ma copine, qui me connaît parfaitement, se penche vers moi et me dit « Si tu veux on y va, on ira le voir un autre jour ». Tu parles, je ne vais pas leur donner ce plaisir, je vais rester et je vais te les calmer s’ils se tiennent pas, j’ai déjà trop de films à voir en ce moment, je n’ai pas le temps d’aller voir celui-ci un autre jour. On reste. Évidemment le film a suivi son cours pendant ce temps, Ethan Hawke s’est installé avec sa petite tribu dans la maison où une famille s’est faite massacrée quelques mois plus tôt, et il commence à trouver des trucs flippants dans la maison. Les premiers commentaires, rires, discussions commencent à fleurir dans la travée. Les premières remontrances, de ma part ou de celle d’autres spectateurs, commencent à tomber. Ca les calme parfois. D’autres non. Je m’énerve souvent, j’ai envie de me barrer parfois, je gueule régulièrement. J’ai envie de sortir de la salle et d’aller chercher un mec du ciné mais je devine qu’il n’y en a pas un à l’étage, qu’il va falloir que je descende tout en bas pour aller en chercher un et que je vais rater cinq ou six minutes du film. Non merci. J’encaisse et je riposte, le niveau F est dépassé depuis longtemps et je calme mes envies d’étaler des baffes sur des mineurs.

Sinister avait la réputation de faire peur, mais je dois avouer que je n’étais pas assez plongé dans le film pour le sentir tout à fait, malgré l’atmosphère inquiétante… Malgré les gamins de la travée qui criaient allègrement de peur, et en rajoutaient même à l’évidence pour le plaisir, j’ai vu venir la fin des kilomètres avant qu’elle arrive. Pendant ce temps, ma voisine continuait avec ses textos, bref tout était formidable. Lorsque le film s’est achevé et la lumière revenue, le couple est reparti en nous marchant sur les pieds, les gamins se sont relevés tout contents, et les spectateurs de la séance suivante entraient pendant le générique de fin (une autre chose que j'adoooore). Moi, je me coltinais cette gueule de bois si spécifique des séances de cinéma gâchées. Une envie de tout exploser, une amertume désenchantée, un désir de ne plus jamais remettre les pieds sur les lieux du crime… un peu de tout cela à la fois. Il est grand temps que je retourne aux séances du matin moi, avant que je ne commette une bêtise…  Le respect des autres dans une salle de cinéma, ça reste une notion bien vague pour nombre de spectateurs, même dans celles où quoi que l’on voie, « on se cultive ».

jeudi 15 novembre 2012

Attention, gamin inquiétant dans la salle !


Aller au cinéma le samedi soir à la séance de 20h dans un multiplexe, c’est l’assurance de se trouver dans une salle à turbulence. J’aimerais pouvoir me permettre de n’aller au cinéma qu’avant 14h, mais ce n’est pas toujours simple. De nombreux spectateurs du samedi soir ne sont souvent ni franchement cinéphiles, ni forcément respectueux envers leur prochain. A chaque fois que je vais au cinéma dans ce créneau, j’ai une occasion de le constater. Bon bien sûr, en allant à cette fameuse séance peu fréquentable découvrir le nouvel Astérix, « Astérix et Obélix au service de Sa Majesté », je jouais d’autant plus avec le feu… et j’ai pu y constater que même quand les adultes parviennent à se tenir, les gamins fichent tout en l’air.

Oui je sais, je sais, je n’aurais pas dû aller voir le nouvel Astérix, encore moins un samedi soir. Je sais. Quoi qu’il supporte aisément la comparaison avec le premier, réalisé par Zidi, ou avec l’inénarrablement mauvais troisième opus coréalisé par Thomas Langman et Frédéric Forestier (c’est loin d’être difficile bien sûr…), la quatrième aventure d’Astérix sur grand écran se regarde sans plaisir ni entrain particulier. C’est un exemple de mollesse qui fait peine à voir quand on connait l’excellent film d’animation qui avait été tiré d’ « Astérix chez les Bretons » dans les années 80. Le « Mission Cléopâtre » d’Alain Chabat reste finalement inégalé en matière de réussite.

Mais je m’écarte. L’enfer du samedi soir au cinéma, c’est là-dessus que je partais. Derrière moi, un adolescent encadré par ses parents, arrivés alors que le film était sur le point de commencer, et portant un beau seau de pop-corn comme je les adore (vous avez senti la pointe de cynisme ?). Cette charmante tête blonde de 13 ou 14 ans va passer le film à commenter régulièrement ce qu’il voit à l’écran, à voix haute comme s’il était dans son salon. Un ange que j’ai bardé de regards noirs et attaqué de « Chut ! » brutaux qui ont eu pour effet d’inquiéter son père qui a en retour passer le film a essayer de faire taire son fils en lui assénant régulièrement « Tais-toi, on n’est pas à la maison ». Mais la discipline et le respect ne devaient pas être le fort du gamin, qui n’en a fait qu’à sa tête tout du long.

Mais le gamin taré du titre de mon billet, ce n’est pas lui. Lui, ce n’était qu’un p’tit con comme on en croise tous les jours au cinéma et à qui on a envie de coller une beigne pour qu’il la ferme. Non, l’autre gamin faisait presque peur, et heureusement il était loin de moi, au premier rang, avec ses parents et sa petite sœur. Celui-là était plus jeune, à vue de nez huit ou neuf ans. Je n’ai pas tout de suite capté qu’il était un garçon de cet âge-là, pas avant la moitié du film peut-être. Jusqu’ici, j’entendais régulièrement venir des « Chhhhuuuuuuut !!!!! » de son fauteuil, très bruyants, en s’agitant frénétiquement sur son siège. Je croyais qu’il s’agissait d’un adulte agacé par un gamin comme moi je l’étais de mon côté. Difficile de le blâmer donc, après tout, ses voisins étaient peut-être peu discrets…

Et puis l’agitation frénétique qu’il manifestait à chaque fois qu’il lançait ses « Chut » ont fini par me faire remarquer qu’il s’agissait donc d’un garçon de neuf ans, qui en réalité semblait plutôt s’énerver contre les rires ou contre ses parents. Plus le film avançait, plus son agitation ressemblait à une transe colérique telle que l’on entendait à peine ce qui se disait à l’écran. Il se tordait dans tous les sens sur son fauteuil, descendait, s’étalait par terre, hurlait sur ces parents si ceux-ci avaient le malheur de lui demander de remonter sur son fauteuil. Le paroxysme de ses coups de sang arriva lorsqu’il courut vers l’écran en criant et se planta là, debout, dos à la salle, collé contre l’écran, semblant regarder le sol. Vous vous souvenez de la fin du « Projet Blair Witch », cette dernière image du mec debout dans un coin de la pièce, tournant le dos et regardant par terre ? Il y avait de ça dans la position du gamin.

Sa mère réussit tout de même à le ramener à sa place, sans que jamais les parents ne montrent le moindre signe de contrôle sur leur gamin, pendant que je voyais le spectateur assis à la droite du turbulent, fulminant et ayant bien envie de le remettre à sa place. Un vrai petit Diable incontrôlable, presque flippant, qui m’a rappelé le rejeton insupportable de Maïwenn. Vive les samedi soir au cinéma…
Et dire que cela s’est passé le même jour que la projection de « César doit mourir ». Drôle de journée, vraiment.

mardi 13 novembre 2012

Hé mais, c'est pas le bon film !


Nouveau Latina, rue du Temple, 18h10. Si j’ai plus pour habitude de fréquenter le cinéma du Marais le samedi soir à 22h pour y assister aux mémorables séances de « Panic !Cinéma », cette fois-ci j’y allais en séance de rattrapage  pour « César doit mourir », que je devais voir depuis près d’un mois mais dont je repoussais sans cesse le visionnage. Il était temps, car le film des frères Taviani commençait à ne plus passer dans beaucoup de salles…

Au lieu des habituels Phil Siné ou Plastic Man que je croise régulièrement aux folles séances du samedi soir, je ne vis qu’un drôle de type profondément endormi au 5ème rang  (il ronflera même allègrement pendant le premier quart d’heure du film… heureusement que j’ai senti le coup et que je me suis un peu éloigné de mon cher 5ème rang). J’aurais dû me douter, comme mes voisins du rang de devant, que quelque chose clochait lorsque la bande-annonce du film que nous étions venus voir, « César doit mourir », fut la première chose projetée lorsque la séance commença. Mes fameux voisins se retournèrent et me demandèrent « Vous venez voir quel film ? », à quoi je répondis que je venais voir le film des frères Taviani. Après tout, ce n’était pas la première fois que je voyais un cinéma nous envoyer la BA du film que j’étais sur le point de voir. Ça ne m’inquiéta pas plus que cela.

Mais lorsque la lumière s’éteignit et que les crédits du générique d’ouverture apparurent à l’écran, quelque chose de vraiment louche se produisit. Alors que nous nous attendions tous à voir apparaître un univers carcéral (le film suit des prisonniers répétant « Jules César » de Shakespeare en atelier théâtral…) et des mots italiens, nous vîmes se former… une citation en anglais… puis des crédits en anglais… puis un titre en anglais par-dessus des champs de fleurs colorés : « House of Boys ». Ah. Bon. Ok. C’est pas le bon film. Dans la salle, l’émoi est palpable. Tout le monde se regarde, certains s’interrogent, mes voisins de devant paniquent, les p’tits jeunes du 4ème rang sont déjà prêts à quitter la salle. Chacun semble penser qu’il s’est trompé de salle.

Sauf que l’évidence est beaucoup plus simple que trente personnes ayant tous commis la même erreur : une seule personne a commis une erreur, le projectionniste. Pendant que les spectateurs restent un peu hébétés et ne savent trop quoi faire, je me lève, remonte la salle en courant pour aller trouver le caissier du Nouveau Latina : « Y a un problème en salle 1, on nous projette « House of Boys » au lieu de « César doit mourir » »…
« Ah » me répond le caissier, « y a pas de projectionniste dans la salle, il a dû mal programmer, je vais le prévenir tout de suite ». Sur quoi je retourne en salle, et tombe nez à nez avec les deux jeunes du 4ème rang, que je préviens de ce que m’a dit le caissier, qui retournent donc soulagés s’asseoir à leur place. Je fais de même pour mes voisins les plus proches dans la salle.

Une minute plus tard, la salle se rallume et « House of Boys » s’interrompt juste au moment où un mec essaie de s’exploser un bouton devant son miroir. Et en quelque secondes, par la magie du numérique (qui était également le fautif sur l’erreur de film, remarquez…), le beau film des frères Taviani commença, documentaire largement scénarisé nous plongeant dans les répétitions d’une pièce de Shakespeare par une troupe de prisonniers. Au 5ème rang, l’endormi semble s’être à peine aperçu de ce qui venait de se produire. Cela m’a rappelé « Green Hornet » deux ans plus tôt, où j’avais dû également sortir en courant de la salle pour sauver la projection. Pendant que les spectateurs restent hébétés, je suis là pour sauver leur séance. Alors c’est ça, la vie de super-héros…

dimanche 11 novembre 2012

20 choses que je n’oublierai pas de sitôt du Festival du Film Coréen à Paris 2012


C’est dur de quitter un festival après l’avoir vécu au quotidien pendant huit jours. Huit jours de films, de rencontres, de rires, de débats (d’engueulades ?), de doutes, d’attentes. Huit jours à vivre le cinéma coréen comme on a rarement l’occasion de le vivre en France. Le Festival du Film Coréen à Paris est terminé, et j’ai essayé de rendre compte au mieux du festival dans ces pages, de le raconter à travers mes yeux et mes mots. Certains d’entre vous n’auront pas tout lu. D’autres n’en auront pas eu assez. Et moi, il y a certaines choses que j’ai envie d’écrire pour ne pas les oublier. Des constats, des choses que le FFCP m’aura permis de vivre, d’autres qu’il m’aura apprises, et des situations que j’espère ne plus jamais vivre. Alors comme l’an passé, voici ce que je retiendrai du 7ème Festival du Film Coréen à Paris, cru 2012.

  • L’écharpe rouge n’est toujours pas passée de mode dans la garde-robe féminine coréenne. Je l’ai encore aperçue dans le décevant Ashamed.

  • Le cinéma coréen fait une grosse obsession sur les excréments. N’est-ce que le reflet d’une obsession de la société coréenne ? En tout cas, le caca était de tous les films de la sélection ou presque. En ressort comique, entre autres, dans « Masquerade », « Romance Joe » ou « Love Fiction ». Au détour d’une phrase dans « Two Lines ». Ah oui, et aussi un tout p’tit peu dans « Faceless Things ». Un tout p’tit peu.

  • Pour frimer auprès de mes potes, en général, je montre ma photo avec Choi Min-Sik. Maintenant, pour frimer auprès de mes copines, je pourrai leur dire que j’ai vu Lee Jung Jae en chair et en os. J’aurais dû prendre une photo avec lui, comme preuve. Mmmm, je me demande si le fait que j’ai serré la main de Kim Kyung Mook impressionnera quelqu’un un jour…

  • Plus jamais je ne manifesterai ma souffrance à entendre un cri aigu dans une salle de cinéma. Surtout si je suis assis à côté du duo moqueur de Made in Asie qui aime tant rire de moi.

  • J’étais content d’avoir l’opportunité de voir « War of the Arrows » sur grand écran, et finalement, je ne l’ai même pas vu. Si j’avais pu l’échanger contre « From Seoul to Varanasi »…

  • Maître Yoda a vraiment existé. Il n’était ni petit, ni vert, mais architecte, coréen, et s’appelait Chung Guyon.

  • Fantasmagorique est un adjectif qui fait rire les gens. Allez savoir pourquoi.

  • Des gens étranges arpentent les salles de cinéma, même au FFCP. Il piquent des crises honteuses et prennent les bénévoles du festival pour leur chien si les sous-titres s’affichent mal.

  • Ceux qui ont vu « Silenced » ne te croient pas si tu leur dis que non, tu n’as pas pleuré devant le film. Sérieusement. Mais puisque je vous dis que je n’ai pas pleuré !

  • Ne jamais, jamais, sous aucun prétexte, mentionner le Festival du Film Coréen de Londres au directeur du Festival du Film Coréen de Paris. Autant mettre Bruce Banner en colère.

  • Je vois le mal partout, ou entendre avant chaque film la pub pour Asiana Airlines où la voix-off française prononçait le nom de la compagnie à la coréenne, « Achiana Airlines », est une réminiscence de la thématique scato de l’année ?

  • Des spectateurs qui comptaient voir Masquerade se sont rabattus sur « Self Referencial Traverse » parce que le film avec Lee Byung Hun était complet. Il paraît que certains sont encore dans les couloirs du Saint-André des Arts, décidés à hanter cette salle qui les a traumatisés…

  • Je me demande si Renaud Lavillenie s’est entraîné en faisant la position du lion pour décrocher sa médaille d’or en saut à la perche à Londres cet été, comme dans « Dr Jump ». Paumes de la main ouvertes, et langue bien tirée. Hein ? Non monsieur le directeur, je parlais des Jeux Olympiques de Londres, pas de leur Festival du Film Coréen. Promis.

  • Un conseil. Si un jour vous êtes invité à la soirée du staff du FFCP pour fêter la fin du festival, ne mangez pas dans les 24 heures précédentes. On vous fait manger au moins trois kilos de poitrine de porc grillée par personne. Ah, et tant que vous y êtes, n’y affichez pas vous beaux vêtements tout neufs que vous venez d’acheter. Mettez quelque chose qui ne crains pas de sentir le cochon grillé pendant trois jours.

  • Les billets pour « Dr Jump » indiquaient « Dr Dump ». Je vois le mal partout, ou ça aussi c’est une réminiscence de la thématique scato de l’année ?

  • Mes deux films préférés du festival, « Talking Architect » et « Romance Joe », sont également les films préférés du festival d’ID de Made in Asie. Une telle concordance de goût, inédite, risque de provoquer une faille temporelle cataclysmique. Ou un trou noir. Ou annonce peut-être que les Mayas avaient raison et que la fin du monde est proche… Oui, ça peut aussi rester sans conséquence, c’est vrai.

  • Hé mais… mais… j’ai pas vu « Penny Pinchers » moi ! Zut alors, j’ai raté un des films de la section Paysage ! Hein ? Ah, on me fait signe en régie que je n’ai pas raté grand-chose… mais quand même.

  • Dans les années 50, en Corée, si tu passais devant une boutique et que les rayonnages étaient bien disposés, tu peux être sûr qu’une femme de professeur y bossait.

  • Cette année au festival, j’ai vu un film dans lequel la mascotte de la police coréenne, un bonhomme en bois, se fait astiquer le bas ventre par une femme. J’en ai vu un autre dans lequel un homme lèche les aisselles poilues de sa copine. Et un autre dans lequel un homme défèque sur un type qui a un sac sur la tête. Vous voyez où je veux en venir ?....... moi non plus, mais franchement, j’ai quand même vu des choses bizarres au FFCP cette année.

  • Les mecs de Kim Bong Park ont enfin effacé leur dette à mon égard, avec des intérêts en bonus, merci les gars. Mais désormais, Pierre Ricadat me doit une bière…

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