jeudi 24 décembre 2009

Le meilleur de ma décennie coréenne

Après des années de visibilité très limitée dans nos contrées européennes, le cinéma coréen a explosé dans les années 2000, affichant désormais un rayonnement international remarquable compte tenu de la taille du pays. Comme promis dans mon billet d’introduction, en ces derniers jours de 2009, le désir de mettre en avant mes films préférés de cette décennie magique s’est fait sentir. Il ne s’agit en aucun cas, bien sûr, d’une liste ultime, objective ou incontestable. Seulement une affaire de goût(s), en attendant de voir ces nombreuses œuvres coréennes qui me sont encore inconnues.

1. The Host (2006)
Bien avant que le film ne batte tous les records d’entrées en salles en Corée du Sud, je me suis pris une des claques les plus mémorables de ma vie, dans la grande salle du Cinéma des Cinéastes, une poignée de jours après la projection du film à Cannes. Le bruit courait que le meilleur film du festival était ce film de genre coréen, et la rumeur disait vrai. Trop de monde assimile aujourd’hui The Host à son succès public et en profite pour rabaisser ses qualités. The Host est un grand film, un coup de maître total, un mélange des genres quasi parfait, d’une richesse incroyable. On aurait pu s’attendre à une série B de film de monstre, alors que Bong Joon-Ho, pour son troisième long-métrage, nous servait une pépite de récit, voyageant du drame humain à la fable sociale, du tragicomique à la parabole politique, fondant le tout dans une aventure monstrueuse avec une aisance irréprochable. Le grand film coréen de la décennie.

2. Oldboy (2003)
En parlant de claque mémorable, que dire du film de Park Chan-Wook n’ayant pas déjà été dit ? Qu’il aurait dû être le premier long-métrage coréen à obtenir une Palme d’Or à Cannes si Quentin Tarantino avait eu un peu plus de cojones. Que la virtuosité étalée par le réalisateur frise le vertige, tant dans son sens de la mise en scène que dans celui du récit. Oldboy est à n’en pas douter le film qui a permis aux cinéphiles du monde entier de placer la Corée du Sud sur la carte mondiale du cinéma. Toute cette rage contenue, cette noirceur de l’âme qui y sont déployés, cette quête épique de la vérité dont le dénouement a dû provoquer de nombreuses crises cardiaques chez les puritains. Oldboy est une spirale déchaînant les émotions et laissant sur le carreau.

3. Memories of Murder (2003)
Dans la Corée des années 80, une série de meurtres met la police dans l’embarras d’un tâtonnement sans fin. Trois ans avant The Host, Bong Joon-Ho s’épaulait déjà du comédien Song Kang-Ho pour signer un polar dense, errant dans l’inconnu, avec un savoir-faire qui ne nous étonnera plus. Sans craindre ni longueur ni langueur, Memories of Murder fait dans l’audace sans esbroufe, dans l’atmosphère de ce paysage coréen à l’écart du monde, dans les personnages dépassés par un enjeu trop grand pour eux. La dernière séquence du film restera gravée à jamais dans mon esprit, cette route déserte au milieu de la campagne, et ce visage ahuri, se bouleversant sourdement, de Song Kang Ho.

4. JSA - Joint Security Area (2000)
Deux Bong Joon-Ho et deux Park Chan Wook occupent les quatre premières places. Je sais que la diversité en prend un coup, mais ce n’est pas un classement de raison, seulement de cœur. L’un des films pionniers de la « nouvelle vague » coréenne, JSA - Joint Security Area est surtout un drame humain et politique renversant. De l’amitié taboue, dans la zone démilitarisée séparant Nord et Sud, entre un garde frontière du sud avec un garde-frontière du nord, le cinéaste tire à la fois un thriller superbement narré et un portrait du malaise d’une nation coupée en deux. Derrière l’efficacité du thriller se cache une mélancolie à l’amertume prononcée.

5. Frères de sang - Taegukgi (2004)
Si les champions du box-office en France peuvent rarement être suspectés d’être les meilleurs films du moment, encore moins de la décennie (franchement, Bienvenue chez les Ch’tis ?), il faut avouer que le public coréen a le don pour porter aux nues des longs-métrages autrement plus fascinants. Comme The Host plus tard, Frères de sang en a été un bel exemple. Trop facilement assimilé à un Il faut sauver le soldat Ryan au Pays du matin calme, le film de Kang Je-Gyu a suffisamment à offrir pour ne pas être réduit à ce parallèle simpliste. Désinhibé du manichéisme que l’on aurait pu attendre d’un film sur deux frères pris dans le feu de la guerre de Corée, Taegukgi explore les heures sombres d’une nation en conflit, déchirée, n’épargnant aucun des deux camps pour ce qui est de leurs zones d’ombres, et surtout pas l’armée du Sud. Un regard couillu mis en valeur par un récit dense et passionnant qui déglingue la gloire guerrière.

6. The Chaser (2008)
Voilà un an que j’ai vu pour la première fois The Chaser, encore un film de genre, et encore un film passé par le Festival de Cannes, qui apprécie à l’évidence le cinéma coréen. On a beaucoup reproché au premier film de Na Hong-Jin son dénouement trop appuyé, certes. Mais quel coup de maître pour un premier long-métrage que l’on n’avait pas vraiment vu venir. D’un point de départ simple, un ex-flic reconverti dans le proxénétisme cherche une de ses « filles » qui a disparu, Na tisse un polar à l’intensité surprenante. Choisissant un récit compact, concentré sur une nuit, et un déroulement du récit inhabituel, le responsable de la disparition étant vite attrapé, le réalisateur a tout le loisir de peindre des personnages foisonnant, et de poser un regard cru sur le système policier et judiciaire coréen, mis à mal.

7. Breathless (2009)
Sur le papier, un film de plus de deux heures s’intéressant à l’amitié improbable entre un recouvreur de dettes violent et une lycéenne grande gueule peut laisser sceptique. Pourtant Breathless est une œuvre coup de poing, une bourrasque de sincérité, de sensibilité et d’âpreté qui m’a atteint comme peu de films cette année. Si sa sortie dans les salles françaises a été repoussée à 2010, j’ai eu la chance de le voir deux fois en 2009 en festivals (ici puis ici). Rares sont les films que l’on peu voir à cinq mois de distance et se sentir autant remué à la seconde vision qu’à la première. Le film de Yang Ik-June (son premier) est pourtant, indubitablement, de ceux-là.

8. My Sassy Girl (2001)
Eh oui, on a beau faire le tour de la décennie en se disant qu’avec tous les films coréens vus au cours de ces dix années, il risque de ne pas y avoir beaucoup de place pour le potache, ne pas inclure My sassy girl semblerait être une trahison a la cote d’amour que peut représenter la comédie phénomène de société. Bien sûr si ce n’était qu’une comédie potache, le film ne se trouverait pas dans cette liste. My sassy girl est bien sûr plus que cela. C’est un film hors norme, se souciant peu des conventions cinématographiques, tentant tout, ne se souciant pas du sablier, jouant la carte de l’humour et de l’émotion avec une conviction déchaînée, et emportant tout sur son passage, et surtout les cœurs. Le mien n’a pas fait exception.

9. Secret Sunshine (2007)
Passer de My Sassy Girl à Lee Chang Dong, c’est un peu faire le grand écart. Le drame d’un grand nom du cinéma d’auteur coréen succède à la comédie populaire, et pourtant un point commun est indéniable aux deux films : l’outrance. Ce qu’il y a de magnifique dans le cinéma de Lee Chang Dong, c’est sa faculté à explorer les comportements humains sans retenue. Secret Sunshine est un portrait de femme vibrant, une femme confrontée à une série de drame qui vont chambouler son être qui a valu à son interprète Jeon Do-Yeon le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Un drame puissant, déchirant et pourtant drôle (grâce à Song Kang-Ho, une fois de plus), d’un lyrisme éclatant, dans la droite lignée de son magnifique Oasis (qui pourrait tout aussi bien se trouver dans cette liste).

10. The President’s last Bang (2005)
Après avoir réalisé des films jetant un regard acerbe sur la société coréenne, Im Sang-Soo s’est attaqué avec cet opus à l’histoire du pays, de façon à la fois intimiste et haletante. The President’s last bang se penche sur le complot pour assassiner Park Chung-hee, le dictateur sud-coréen des années 60 / 70, par ses propres services secrets. Avec une intrigue se partageant entre l’homme d’état et ses comploteurs dans le lieu confiné de la Maison Bleue (la résidence du président sud-coréen), le réalisateur tisse une intrigue, des personnages, et un pan de la politique coréenne tout à fait passionnant, avec un sens de la mise en scène renversant. Son film suivant sera lui aussi un fascinant portrait de l’Histoire de son pays, Le vieux jardin.

Ils ne sont pas dans les dix, mais la ligne les séparant de cette position est bien mince :
Take care of my cat (2001), un portrait de la jeunesse féminine de Pusan tout en justesse.
Deux Sœurs (2003), un film d’épouvante qui n’en n’est pas un, et se révèle un drame familial brillant.
Double Agent (2003), un thriller d’espionnage décrivant le climat de Guerre Froide comme rarement au cinéma.
Le bon, la brute et le cinglé (2008), un des moments de cinéma les plus jubilatoires de la décennie.
Locataires (2004), le Kim Ki-Duk le plus audacieux, presque muet, envoûtant, qui n’a qu’un défaut : il n’est pas muet.

25 commentaires:

Benoît Di Pascale a dit…

Une bien belle liste ! (Sauf Taegukgi qui est selon moi "juste bien")

Pierre a dit…

Mais comment tu peux mettre Taegukgi aussi haut!!!!
Sinon ça va ^^

I.D. a dit…

Comme mes deux semblables ci-dessus : Taegukgi ! Mais qu'est-ce que tu nous écris là ? Tu veux me tuer en ce jour de réveillon ou bien ? ;)
Ca va sinon, ton classement du Top 10 de la décennie du cinéma sud-coréen est pas trop mal...

Pierre a dit…

Oui mais en meme temps il y a plein de chef d'oeuvre qui manque quand meme, par exemple Failan, Christmas in August ou Wanee and Junah ferait parti de mon classement ^^.

David Tredler a dit…

Je sais, je sais, je m'y attendais pour Taegukgi... Je ne l'ai pas revu depuis le ciné, mais il m'avait fait très, très forte impression.
En grand pacifiste j'adore les films de guerre qui mettent à mal l'orgueil patriotique ^_^

David Tredler a dit…

Oui Pierre, c'est pour ça que c'est ma liste, et pas la tienne ^_^
En plus comme tu le sais je suis un amoureux du cinéma, et tous les films de mon Top 10 je les ai vus en salles. J'ai du mal à être autant happé et impressionné par un film à la télé...

Pierre a dit…

Justement je ne trouve pas que Taegukgi remette tant que ça l'orgueil patriotique en cause que ça!

Pierre a dit…

Mais ton amour du cinéma malheureusement te prive de beaucoup de très bon films qui ne sortiront jamais en salle en France

David Tredler a dit…

Ah, bah il faut que tu le revois alors si tu penses que Taegukgi n'est pas si vif que cela dans son regard sur l'armée et l'aveuglement guerrier^^

I.D. a dit…

Et c'est quoi ton classement Pierre ? Failan bon choix.
Il est vrai que David c'est un cinéphile des salles obscurs et que du coup cela le restreint un max. Dommage mais je le comprends...

Benoît Di Pascale a dit…

J'en profite pour poster mon top 10 perso (pas forcément ordonné après les premières places):

10.Locataires
9.Castaway on the moon
8.The Beast and the Beauty (mon personal best côté comédie)
7.Memories of Murder
6.Never Forever (film américano-coréen, mais j'avais envie de le faire figurer :))
5.The Chaser
4.The good, the bad, the weird
3.A Tale of Two Sisters
2.The Host
1.Old Boy


Méritent d'être signalés :
A Bittersweet Life
A Moment to Remember
Beautiful
Failan
Feathers in the Wind
Holiday
I Wish I Had a Wife
JSA
Midnight Ballad for Ghost Theater
My Sassy Girl
No Mercy for the Rude
Oasis
Public Enemy
Skeletons in the Closet
Spider Forest
Sympathy for Lady Vengeance
Sympathy For Mr. Vengeance
The Foul King
The Game
The moonlight of Seoul
The President's Barber
The President's Last Bang
Secret Sunshine
King and the Clown
Marriage is a Crazy Thing
Mother
The Customer is Always Right
Thirst

David Tredler a dit…

@ I.D. : merci de me comprendre ;-)

@Benoit : IL y en a deux que je n'ai pas vu dans ton Top (le 8 et le 9, le reste ce n'est que du très bon, chapeau bas ! Par contre dans ceux que tu signales, il y en a plus de deux que je n'ai pas vus ^_^ Et Thirst... bof ;-)

Pierre a dit…

Bon alors mon petit top 10:

10. Forbidden quest
9. Bad guy
8. Locataires
7. Save the green planet
6. Wanee and Junah
5. My sassy girl
4. Memories of murder
3. Oldboy
2. Failan
1. Christmas in august

Et dans ceux qui en sont proches, voir très proche:

Lover's concerto
Oasis
Maundy Thursday
Take care of my Cat
Radio Star
A Bittersweet Life
Sympathy for Mr Vengeance
Wedding Campaign
The Classic
Lady Vengeance
A Moment To Remember
Windstruck
A family
The President's Last Bang
Peppermint Candy
One fine spring day
Adresse Inconnue
Who Are You ?
Potato symphony
Le Bon, la brute et le cinglé
The Foul King
Bungee jumping of their own
Secret sunshine
The host

Voilou voilou ^^

David Tredler a dit…

Pourquoi ne suis-je pas surpris que "Christmas in August" soit ton numéro 1 Pierre ?^^
Faut que je mette la main sur Wanee & Junah et Forbidden Quest alors...
Sinon Potato Symphony t'a vraiment marqué à ce que je vois ;-)

Benoît Di Pascale a dit…

David > il te reste plus qu'à faire chauffer ton modem (ou bien ta carte bleue). Dans les deux cas certains seront pas si faciles à trouver...

David Tredler a dit…

Ca sera pas mon modem ^_^Plus vraisemblablement ma carte bleue ! On verra...

I.D. a dit…

@ Benoît Di Pascale : Pas mal The Beast and the Beauty, de là à le mettre dans un top 10 de la décennie... mais j'avoue que cette comédie est bien sympatoche. Je t'écouterai, je mettrais Conduct Zero dans un top virtuel. Y a des films comme ça dont tu tombes amoureux alors qu'il ne paye pas de mine...
Never Forever ? Connais pas. Je note ça dans un coin, des fois que.

@ Pierre : Bien pour Save the Green Planet. Je trouve que c'est un film injustement oublié des top que je vois ici et là. Quant à Wanee and Junah, le pitch m'a toujours refroidit. A voir dans un futur incertain... Sinon Christmas in august c'est pas un film de '98 ? elle démarre et se termine où ta décennie ?
J'ai la même réflexion (déformée)que David. Dis donc, il t'a tant marqué que cela Potato Symphony ? :)

Benoît Di Pascale a dit…

I.D> La comédie est un genre souvent méprisé par les cinéphiles. Côté coréen, j'ai de nombreux exemples de comédies qui commençaient de manière sympathiques avant de sombrer dans la "pirouette" coréenne obligatoire : le revirement dramatique au 2/3 du film (voire avant dans certains cas). The Beast and The Beauty est une vraie comédie, assumée du début à la fin et dont les gags me font toujours mourir de rire. Question d'affinité mais pour moi il a sa place dans ce top.

Pierre a dit…

Bon on va dire que la décennie commence en 98 ^^.
Pour The beast and the beauty je ne comprends pas trop en fait, je n'avais pas vraiment accroché, je préfère conduct zéro mais il ne ferait certainement pas parti de mon top 10 ^^.
Wanee and Junah est un petit bijou!!!! Il ne faut pas se fier au pitch, ce film est un véritable havre de paix, à voir absolument!!! ^^
Bon pour Potato j'ai vraiment bien aimé, sur il ne fait pas parti de mes 10 meilleurs films coréens, ni des 20 mais j'ai vraiment accroché, j'avais une sorte de petite jubilation interne en le regardant ^^.
Je suis d'accord avec toi Benoit pour ce qui est du moment dramatique larmoyant au 2/3 du film ça en devient risible ^^, je n'ai pas souvenir d'une comédie sans ça, ils ont même réussi à en mettre un à Sex is zero c'est pour dire ^^.

I.D. a dit…

Il est vrai que comme tu le dis si bien Benoît, la comédie est un genre souvent méprisé et c'est bien dommage. Attention, je ne prends tout de même pas le parti-pris de Danny Boon qui faisait sa "chialeuse" pour son Bienvenue chez..., même si je pouvais comprendre son désarroi.

Et il est vrai que le revirement dramatique c'est maladif dans le cinoche sud-coréen. Souvent lourd. Y a vraiment un problème de ce côté là. On en prend vraiment conscience après avoir ingurgité pas mal de bobine. Autant, il y a des fois ça le fait autant parfois... ouh, on a envie de se mettre une balle ou en mettre une au réal'. Ce qui m'embête c'est que c'est devenu une norme et tout le monde (presque) respecte cet état de fait. On se retrouve avec des films au combien linéaire, sans surprise, plat... je n'en peux plus de cette trame, à quand le changement ?

Chris a dit…

Salut, je découvre ton blog via celui d'Anna. Moi aussi je me suis pris d'une passion pour le cinéma coréen et j'y consacre une rubrique sur mon blog. Je reviendrai.

David Tredler a dit…

Bienvenue Chris, viens quand tu veux !!
SI tu veux lire tous les posts que j'ai consacré au cinéma coréen les voilà : http://limpossibleblogcine.blogspot.com/search/label/Cin%C3%A9ma%20cor%C3%A9en

Song-jung a dit…

Bonjour monsieur David!
Je suis étudiante du professeur Rodolphe et je suis coréenne:)
J'ai bien lu la liste des films.
Je pense que les films sont d'une compréhension difficile en que vous présentez français. Mais vous savez, vous êtes français, et vous connaissez bien les films coréens.
Ca me fait plaisir.
Votre liste de films est très célèbre en Corée. Et je suis très fière que les films de mon pays sont aimés dans le monde entier.
A l'avenir, s'il vous plaît écrivez de nombreuse autres chroniques!

David Tredler a dit…
Ce commentaire a été supprimé par son auteur.
David Tredler a dit…

Bonjour Song-Jung,
Enchanté de faire votre connaissance, et je suis ravi de vous compter parmi les lectrices de mon blog. La prochaine fois que vous laisserez un message, vous pourrez me dire "tu" plutôt que vous, et pas de "monsieur", juste David c'est très bien !
J'écris régulièrement des chroniques, et le cinéma coréen y a souvent sa place. Donc venez souvent !!!

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