vendredi 15 avril 2011

Mon premier drama coréen !

Le cinéma coréen et moi, ça commence à remonter quelques années, comme je l’ai déjà raconté ici ou . S’il y a bien une passion qui a chamboulé ma vie, c’est celle du cinéma coréen. A travers lui, la Corée s’est peu à peu infiltré dans ma vie, la langue, les gens, le pays, la culture. Aucun cinéma ne m’a autant ouvert à son pays d’origine que celui de Corée. Pourtant depuis près de cinq ans que la culture coréenne a pris une place importante dans ma vie, j’ai toujours été résistant à l’un des pans les plus célèbres et populaires de celle-ci : ses séries télévisées.

Aujourd’hui je vais pourtant faire une petite incartade au sujet de prédilection qu’est le cinéma dans ce blog pour parler d’une série télé coréenne, ou « drama » pour les néophytes qui n’auraient jamais entendu le terme. Parce que figurez-vous qu’après des années de résistance, j’ai finalement craqué et goûté à mon premier drama coréen. Non, je ne me suis pas (encore ?) avalé le drama en entier, et je ne l’ai pas téléchargé et regardé sur mon écran d’ordi ou ma télé. Finalement pour que je me lance, il m’aura fallu attendre qu’un peu de grandeur soit mis dans la transaction, et du coup, ce drama, je l’ai vu sur grand écran.

Cette année, le festival Séries Mania, dont la seconde édition se tient ces jours-ci au Forum des Images des Halles, à Paris, a sélectionné quelques séries venues d’horizons plus exotiques que la France et les États-Unis, et notamment de Corée. Trois dramas ont été programmés, deux d’entre eux projetés mercredi soir à la suite, sans que mon emploi du temps me permette d’y assister. Si j’ai un reproche à exprimer à ce Festival, c’est que chaque épisode programmé ne le soit qu’une fois, quand l’une des qualités majeures des festivals est de programmer au moins deux fois un film, ou ici un épisode de série, pour mettre toutes les chances du côté des spectateurs intéressés d’accommoder son emploi du temps pour attraper tout ce qui nous intéresse. J’ai raté les dramas « Comrades » et « Chuno » parce qu’ils ne passaient qu’une fois, dommage. Heureusement, le troisième drama projeté l’était un jour et à un horaire qui me convenaient parfaitement

Ce drama donc, c’est Iris, l’un des programmes phares de la télévision coréenne en 2009, qui a apparemment explosé quelques records d’audience au pays de Bong Joon-Ho. En tête d’affiche, l’un des acteurs phares du cinéma coréen, le fameux Lee Byung Hun, que les cinéphiles français connaissent surtout pour ses collaborations avec Kim Jee-Woon et Park Chan-Wook. Si la salle 500 du Forum des Images n’était pas pleine pour assister à la projection du premier épisode d’Iris, il y avait bien tout de même une bonne centaine de spectateurs, du Directeur du Centre Culturel Coréen à l’amateur de série curieux en passant par quelques amateurs de Corée que j’avais déjà croisé l’automne dernier au Festival Franco-Coréen du Film.

J’ai bien conscience qu’il s’agit là de circonstances exceptionnelles pour découvrir l’épisode d’une série télé, et ceux qui connaissent la salle 500 du Forum savent de quoi je parle. Le festival n’a donc diffusé que le premier épisode d’Iris, soit une heure introductive pour cette série d’espionnage annoncée pleine d’action… et de romance. Difficile de dire quel était mon sentiment avant de voir l’épisode… certainement un mélange de curiosité amusée et d’appréhension. Surtout après que des amies fans de drama m’aient dit qu’elles n’avaient pas accroché à celui-ci. Désolé les filles, mais moi… je me suis bien amusé devant ce premier épisode d’Iris. Bon quand les mecs qui ont présenté la série devant le public ont dit que ça valait du 24, je ne suis pas sûr que j’irais jusque là dans les compliments. Au niveau de l’atmosphère, du style visuel donné à la série, cela manque pas mal de rugosité, même si la projection sur grand écran a peut-être joué contre la série à ce niveau-là.

Après une introduction de haute volée en Europe où un agent spécial incarné par Lee Byung Hun commet un assassinat commandité, le reste de l’épisode est un long flash-back où l’on voit comment son personnage est arrivé dans ces forces spéciales. Son entraînement à l’armée, sa mission dans une université où il se fait passer pour un étudiant, une amitié, un coup de foudre. En fait, ce premier épisode navigue assez peu dans le genre auquel le drama semble appartenir par la suite, à savoir une série d’action/espionnage. Ici, la série coule tranquillement, brossant de l’action, distillant de l’humour, dessinant un triangle amoureux à développer. Cette légèreté quasi omniprésente dans ce cadre sérieux est rafraichissante, et j’avoue que voir Lee Byung Hun dans un rôle qui frôle parfois le comique, léger et souriant, est une agréable surprise. Jusqu’ici, je crois que je n’avais vu l’acteur coréen que dans des drames exigeant un visage fermé, ce qui n’est pas le cas ici.

A la fin de ce prologue, le cadre et les personnages sont posés, et l’on sent que ce qui viendra dans les épisodes suivant mêlera l’action et la romance avec intensité, certainement avec moins d’humour que dans ce préambule. Ai-je envie de voir la suite ? Maintenant que la curiosité a été titillée, ça ne me déplairait pas de voir dans quelle direction l’intrigue va s’orienter, oui. Mais je n’en suis pas encore à tomber pleinement dans dramaland, où apparemment on aime bien filmer les acteurs torses nus en sueur. Iris cherche manifestement à accrocher à la fois le public masculin et féminin, et apparemment, cela fonctionne.

mercredi 13 avril 2011

Faut-il refaire Gatsby le Magnifique... en 3D ?

Parmi les nombreux films qu’il me reste encore à voir (j’écris ça comme si un jour cette infinie liste de films pourrait un jour être comblée, quelle ambition…), toutes les adaptations existantes de Gatsby le Magnifique figurent noir sur blanc. Je n’ai jamais vu un Gatsby le magnifique. En revanche j’ai lu le roman de Francis Scott Fitzgerald il y a quelques années. Il est de ces écrits qui se dévorent en quelques jours à peine, voire quelques heures, et qui font jaillir une lumière incroyable dans l’esprit de celui ou celle qui le lit.

En général, quand on pense à Gatsby, la silhouette de Robert Redford vient à l’esprit. Parce qu’il est celui qui a incarné Gatsby dans sa version cinématographique la plus célèbre, probablement. Parce que Redford fait partie de ces acteurs possédant cette présence mystérieuse et fascinante qui sied à Gatsby, aussi. Pourtant le film de 1974 de Jack Clayton n’a jamais vraiment été adulé ou considéré comme la transposition ultime de l’œuvre de Fitzgerald. Ce travail-là reste à faire, s’il doit jamais l’être, à ce qu’il paraît. Le débat de porter à l’écran les chefs-d’œuvre littéraires est un débat à part, et un débat qui nécessite assurément d’être pris au cas par cas. N’ayant jamais vu de Gatsby le magnifique sur grand écran, je me pose la question de refaire le roman de Fitzgerald sur grand écran avec les yeux vierges du passé cinématographique du roman.

Et si j’aborde la question c’est bien sûr parce que Gatsby le magnifique devrait prochainement reprendre vie au cinéma, dans les mois à venir. Le projet, d’envergure, est sur les tablettes d’un Baz Luhrmann qui n’a rien signé depuis un Australia qui a laissé un sentiment tiédasse à bon nombre de spectateurs. La première question qui se pose est bien sûr de savoir si Luhrmann (et sa caméra virevoltante) est l’homme de la situation. Le magnétique Gatsby a-t-il besoin de la mise en scène envolée du cinéaste australien ? L’idée peut être séduisante, de ne pas rendre une transposition trop sage de l’œuvre de Fitzgerald, de donner à cette demeure toute en lumière nocturne le faste festif auquel Luhrmann saurait certainement rendre honneur. Il y a également cette passion au cœur des films de Luhrmann, une passion certainement plus expressive et fantasque chez Luhrmann que chez Fitzgerald, et il serait certainement intéressant de voir l’australien se frotter à la passion selon F. Scott.

Le projet de Luhrmann est d’autant plus intrigant que le réalisateur est en train de s’entourer d’une distribution des plus alléchantes. Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire, Ben Affleck. Voici les premiers noms attachés au film, ou en passe de l’être. Maguire devrait interpréter le personnage narrateur de Nick Carraway, cet homme s’installant dans le New Jersey et se liant d’amitié avec un voisin mystérieux et charismatique, Jay Gatsby, organisant des fêtes dans son immense demeure et aimant en secret une femme mariée. DiCaprio reprendrait le fameux rôle de Gatsby, quand Mulligan jouerait son amante et Affleck l’époux de celle-ci. Avec un tel casting, je signe les yeux fermés, mais lorsqu’il s’agit en plus de Gatsby le Magnifique, je suis d’autant plus attiré et intrigué. DiCaprio a l’intensité et le détachement qui pourrait sied à Gatsby, Maguire la transparence calculée, Mulligan le charme enjôleur. Et Affleck a ce qu’il faut pour jouer le mari cocu, sans l’ombre d’un doute.

Malgré tout ce potentiel pourtant, Gatsby le Magnifique selon Baz Luhrmann affiche un point noir non négligeable. Le réalisateur veut faire le film en 3D. Une idée aussi étonnante que grotesque. Voilà un an et demi qu’Avatar a modifié le paysage cinématographique et aidé à malencontreusement démocratiser l’usage de la 3D, et si jusqu’à présent l’influence de la technique se limitait à l’animation et au fantastique essentiellement, elle déborde désormais vers des genres moins spécifiques. Et en l’occurrence, Gatsby le Magnifique, un drame romantique se déroulant dans l’Amérique bourgeoise de la première moitié du 20ème siècle. On est loin des aliens, des justiciers et des piranhas. Malheureusement en un an et demi, la 3D ne m’a pas convaincu qu’il s’agissait d’une révolution qui méritait de s’installer durablement et globalement dans le cinéma du 21ème siècle. Aucun film ne m’a persuadé qu’il s’agit d’autre chose que d’un gadget qui perturbe, voire gâche un film plus qu’autre chose. Je veux bien de la 3D, mais à toute petite dose, très occasionnellement, et non à tout bout de champ, pour tous les films d’animation, pour tous les films fantastiques, et en plus maintenant pour des longs-métrages comme une nouvelle adaptation de Gatsby le Magnifique.

Réalisateurs, producteurs, distributeurs et exploitants n’ont pas su interprété le succès d’Avatar. Ils ont bêtement cru que le raz-de-marée au box-office signifiait que désormais, les spectateurs désiraient voir la 3D envahir les salles de cinéma. Ils ont cru que désormais, les spectateurs voient les films sans relief comme moins intéressant que ceux qui se voient avec des lunettes. Ils ont cru que tous les films valaient d’être vus ainsi, quel que soit le genre, quelle que soit l’histoire qu’ils ont à nous raconter. Il serait temps que ces professionnels obnubilés par les chiffres comprennent que non, on ne veut pas de la 3D à toutes les sauces. Que je préfèrerais voir un Gatsby le Magnifique sans lunettes, sans 3D, sans gadget. Si le film est réussi, il n’est pas besoin que l’émotion cherche à nous attraper comme les enfants qui tendent la main vers l’écran avec leurs lunettes sur le nez. Elle vient à nous naturellement. Et la 3D n’y changera rien.
Faut-il refaire Gatsby le Magnifique ? Certainement. Mais sans 3D.

dimanche 10 avril 2011

Ces stars féminines des années 90 aujourd'hui dans l'ombre...

Alors que Meg Ryan vient d’annoncer son intention de passer derrière la caméra cette année et que Neve Campbell revient avec Scream 4 plusieurs années après avoir prouvé que finalement, elle n’était pas vraiment un espoir du cinéma américain, j’ai commencé à me demander où étaient passées certaines des actrices ayant marqué les années 90 à Hollywood. Si certaines ont bien passé le cap des années 2000 et sont toujours au top, où à défaut apparaissent régulièrement dans des films de premier plan, certaines semblent bel et bien ramer pour ne pas totalement tomber dans l’oubli, quand certaines ont quasiment disparu de la circulation. Qui sont-elles donc, celles qui auraient pu prétendre à une carrière à la Julianne Moore, Nicole Kidman ou Sandra Bullock mais ont souffert de ce qu’Hollywood accepte peu que ses stars féminines vieillissent ? J’en ai choisi six, majoritairement nées dans les années 50, certaines oscarisées, la plupart avec un agenda assez dégagé pour les mois et années à venir. Elles ont pourtant nettement marqué mon adolescence et le cinéma américain des années 90. Revue d’effectifs.

Geena Davis (née en 1956)
La période faste : entre 1986 et 1996
Ses films emblématiques : La Mouche, Beetlejuice, Thelma et Louise, Héros malgré lui, Au revoir à jamais.
La dernière apparition marquante : en maman dans la série de films Stuart Little.
Geena Davis a vécu dix années fastes à Hollywood entre le milieu des années 80 et le milieu des années 90. De la comédie, de l’action, des rôles à Oscar… La chute n’en a sûrement été que plus dure. Son côté maladroit ne cachait pas vraiment son allure déterminée et dangereuse qui la rendait populaire auprès des femmes et des hommes. Sa disparition de la carte hollywoodienne a plus ou moins coïncidé avec sa séparation d’avec Renny Harlin, pourtant on ne saurait vraiment faire le rapprochement, tant lui aussi est tombé dans l’oubli à Tinseltown. Davis a un moment essayé de se recycler à la télévision, mais la sauce n’a pas pris. Sa carrière n’avance plus depuis quelques années…

Whoopi Goldberg (née en 1955)
Sa période faste : 1990 et 1999
Ses films emblématiques : Ghost, Sister Act, Sister Act, acte 2, Le Roi Lion.
La dernière apparition marquante : Une vie volée avec Angelina Jolie et Wynona Ryder
La contribution de Whoopi Goldberg au cinéma n’est peut-être pas énorme sur le papier, mais à l’époque, au cours de la première partie des années 90, Whoopi était une vraie star. Cartons au box-office, un Oscar dans la poche, que ce soit aux États-Unis ou en France, l’actrice était une valeur sûre. Pourtant après quelques échecs à la fin de la décennie, elle est assez rapidement passée au second plan, se tournant vers les voix de dessins animés et la télévision. Aujourd’hui, elle fait encore parler d’elle aux États-Unis où elle anime un talk show sur le petit écran, mais cinématographiquement, sa carrière est au point mort depuis longtemps.

Meg Ryan (née en 1961)
Sa période faste : 1987 et 1998
Ses films emblématiques : L’aventure intérieure, Quand Harry rencontre Sally, Nuits blanches à Seattle, La Cité des Anges, Vous avez un mess@ge...
La dernière apparition marquante : In the Cut, de Jane Campion en 2003
Comme je le disais récemment, Meg Ryan a été la petite fiancée de l’Amérique, ayant même su capter l’attention du public étranger qui l’identifiait immédiatement à la comédie romantique hollywoodienne. Elle a su tenir tête à nombre de stars Hollywoodiennes dans des films futiles mais souvent cultes. Si elle est souvent associée à ses duos avec Tom Hanks, elle a également su s’écarter du genre qui lui collait à la peau, notamment dans A l’épreuve du feu d’Edward Zwick, et surtout le beau drame Flesh and Bone dans lequel elle partageait l’affiche avec son mari d’alors, Dennis Quaid. Depuis une dizaine d’années, ses films sont souvent cantonnés au marché vidéo. Ses débuts en tant que réalisatrice changeront peut-être la donne ?

Rene Russo (née en 1954)
Sa période faste : 1992 et 1999
Ses films emblématiques : Dans la ligne de mire, L’Arme Fatale 3 & 4, Get Shorty, Rançon…
La dernière apparition marquante : Une famille 2 en 1, une comédie familiale dispensable avec Dennis Quaid.
Au rayon des reconversions réussies du mannequinat vers la comédie, Kim Basinger ne fut pas la seule à se faire remarquer. Rene Russo fut elle aussi un bel exemple, commençant donc une carrière d’actrice sur le tard, la trentaine déjà entamée. Il ne lui fallu pas longtemps, une série et une poignée de films, avant de devenir une actrice incontournable à Hollywood, enchaînant les rôles face à Mel Gibson, Clint Eastwood, John Travolta, Dustin Hoffman, Kevin Costner ou Pierce Brosnan. Certes elle n’a jamais été le genre d’actrice à étinceler jusqu’à faire frémir les pronostiqueurs des Oscars, mais sa courte filmographie compte un bon ratio de succès. La décennie 2000 ne lui a pourtant pas franchement réussi… quelques flops et elle disparaît. Mais après six ans sans tourner, la voici de retour dans quelques semaines pour un second rôle dans le Thor de Kenneth Branagh…

Helen Hunt (née en 1963)
Sa période faste : 1996 et 2001
Ses films emblématiques : Twister, Pour le pire et pour le meilleur, Ce que veulent les femmes, Seul au monde…
La dernière apparition marquante : Une histoire de famille en 2007
Starisée par la série télé « Dingue de toi » au côté de Paul Reiser, elle doit à Twister, la grosse production produite par Steven Spielberg sur des chasseurs de tornades, son premier carton au box-office américain. A partir de là, elle a connu une carrière intense et judicieuse pendant quatre ou cinq ans, remportant un Oscar en 1998 pour sa prestation face à Jack Nicholson dans Pour le pire et pour le meilleur, puis enchaînant les premiers rôles chez Robert Altman, Robert Zemeckis et Woody Allen. Depuis 2001, ses apparitions sur grand écran sont rares, et ses débuts de réalisatrice avec Une histoire de famille sont restés assez confidentiels. Elle est aux États-Unis à l’affiche de Soul Surfer, un film qui a l’air bien bidon sur la jeune surfeuse s’étant fait dévorer un bras par un requin à Hawaï il y a quelques années. Pas le film qui la fera revenir sur le devant de la scène j’en ai peur.

Madeleine Stowe (née en 1958)
Sa période faste : 1990 et 2002
Ses films emblématiques : The Two Jakes, Le dernier des Mohicans, Short Cuts, L’armée des 12 singes…
La dernière apparition marquante : en épouse de Mel Gibson dans Nous étions soldats en 2002.
Son troublant regard a depuis longtemps disparu des écrans sans que personne ne s’en émeuve véritablement. Pourtant Jack Nicholson, Michael Mann, Robert Altman et Terry Gilliam, entre autres, l’ont fait tournée au cours des années 90. Elle baladait sur grand écran cette douceur mélancolique qui la rendait assez insaisissable. Moi-même j’avais bien du mal à définir si elle m’énervait ou me fascinait. Ces huit dernières années, elle n’a tourné qu’un ou deux téléfilms et une série, sans aucun projet pour le cinéma. Pour le moment, il semble que nous devions nous contenter du souvenir de son héroïne romantique du Dernier des Mohicans face à Daniel Day-Lewis…

jeudi 7 avril 2011

Y a-t-il encore une place dans le cinéma américain pour Meg Ryan ?

C’est la nouvelle la plus improbable et surprenante de la semaine dans le petit monde du cinéma américain : Meg Ryan s’apprête à passer derrière la caméra. Meg Ryan. Une figure féminine incontournable du Hollywood des années 80 et 90 qui n’a pas survécu à ces deux décennies et au fameux cap de la quarantaine connu pour être délicat pour les actrices américaines, surtout lorsque leur carrière se résume essentiellement à la comédie romantique et que leur popularité passe par un joli minois. Meg Ryan est l’exemple malheureusement parfait de ces actrices.

J’ai grandi à cette fameuse époque où Meg Ryan était la petite fiancée de l’Amérique. Elle était un peu l’actrice fétiche du pays, populaire auprès des femmes parce qu’elle était jolie sans être femme fatale, parce qu’elle symbolisait bien ce fantasme de la jeune femme affirmée cherchant l’âme sœur dans la jungle du célibat. Respectée parce qu’elle incarnait la solidité du couple à Hollywood via son mariage avec Dennis Quaid, parce qu’elle faisait des films drôles face à des stars masculines populaires, Billy Crystal, Tom Hanks, Nicolas Cage, Hugh Jackman. Des films romantiques, simples, capables de plaire au plus nombre : Quand Harry rencontre Sally, Nuits blanches à Seattle, Vous avez un mess@ge ou La Cité des Anges en ont fait une star du genre romantique.

Mais voilà des années que Meg Ryan semble être un fantôme. Quel est le dernier film dans lequel vous l’avez aperçue sur grand écran ? Pour ma part c’était In the cut de Jane Campion en 2003, un film noir et sensuel qui marquait un sacré virage dans la carrière de Meg, mais un virage qui n’a pas payé, puisqu’à l’évidence il ne lui a pas ouvert les portes des films « sérieux » que l’on pourrait offrir à une Julianne Moore ou une Nicole Kidman. Pari manqué, qui a suivi la rupture avec le public semblant plus dû aux cancans people de son divorce avec Quaid qu’à sa carrière d’actrice.

Depuis dix ans, sa carrière végète entre les films inutiles (le monde avait-il vraiment besoin d’un remake de The Women de Cukor ?) et les direct-to-video auxquels elle semble abonnée depuis un moment maintenant. Il n’y a qu’à la voir en photo pour comprendre que Ryan n’est plus que l’ombre d’elle-même, et qu’elle a abusé des artifices pour tenter de conserver le joli minois depuis longtemps oublié.
Finalement est-ce si surprenant d’apprendre qu’elle va passer de l’autre côté du miroir ? Son projet se présente comme un descendant des Copains d’abord de Lawrence Kasdan, intitulé Into the beautiful, et dans lequel Meg se contenterait de rester derrière la caméra. Elle vient de passer dix ans à poursuivre sa carrière dans une direction ne menant nulle part. Comme il y a dix ans, il semblerait que l’ancienne chérie du public américain est prête à offrir un nouveau visage à sa filmographie. L’idée est bonne, pourvu que le projet le soit aussi.

mercredi 6 avril 2011

Mon pire cauchemar : Huppert et Poelvoorde sur le grill

Lundi soir, je n’avais pas prévu d’aller au cinéma. Après avoir déjà enchaîné dans la journée le surprenant Ma part du gâteau de Cédric Klapisch et le rocambolesque - et non moins burlesque - Si tu meurs, je te tue d’Hiner Saleem, j’avais l’intention de laisser mes yeux au repos jusqu’au lendemain. Mais l’appel du mystère est souvent le plus fort, et lorsque mon ami de Yuzu Melodies m’a appelé pour me proposer de l’accompagner à une projection test au Publicis à 20h30, la curiosité l’a emporté, une fois de plus.

C’est tout le charme des projections tests, de ne pas savoir le film que l’on va découvrir. En 2010 j’avais assisté à deux d’entre elles, et l’occasion se présentait pour ma première de 2011. Après la comédie avec Audrey Tautou et le documentaire écolo de Disney, qu’allait donc me réserver cette projection surprise ? Pas une horreur du standing d’AO le dernier néenderthal, c’est tout ce que je craignais. C’est la première fois que j’assistais à une telle projection au Publicis. Habituellement, le test se joue plutôt à l’Élysée Biarritz, avec une salle pleine à craquer. La grande salle du Publicis, c’est tout de même 400 places. L’amateur de la salle des Champs-Élysées que je suis est donc resté bluffé, lundi soir, par la vision de la salle 1 du Publicis qui affichait complet. Je ne l’avais jamais vue ainsi, débordante de spectateurs, emplissant chaque recoin de fauteuil dont la salle dispose. Ailleurs, ça ne m’impressionnerait pas. Au Publicis, la vision était presque surréaliste.

Comme pour les deux dernières projections tests, je n’ai pas eu à signer de clause de confidentialité, me voici donc libre de parler du film découvert ce soir-là. Comme d’habitude, le suspense sur l’identité du long-métrage a été entretenue jusqu’à la dernière seconde, lorsque le titre du film est apparu sur l’écran. Auparavant tout de même, un sérieux indice apparaissait dans le questionnaire précédant la projection, sous la forme de cette question : « Que pensez-vous des acteurs suivant ? Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussollier, Virginie Efira ». Quiconque n’avait pas compris que nous nous apprêtions à voir un film au générique duquel allaient figurer ces quatre acteurs est lent à l’allumage.

Le film que nous avons découvert, c’est donc Mon pire cauchemar, la nouvelle comédie écrite et réalisée par la cinéaste Anne Fontaine. Devant la caméra, les quatre comédiens précités. Je dois bien avouer que le titre ne m’a rien évoqué, et que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. La surprise fut très agréable. La réalisatrice d’Augustin roi du kung fu, de La fille de Monaco et de Coco avant Chanel nous plonge dans une comédie hilarante menée tambour battant par Huppert et Poelvoorde dans un duo d’antagonistes irrésistible. Elle navigue dans l’art et l’opulence, est froide, mariée et coincée. Il vit de petits boulots, n’a pas vraiment d’appartement, est beauf, plus ou moins célibataire et bien lourd. Pourtant leurs enfants sont camarades de classe et amis, et bientôt Poelvoorde va envahir la vie d’Huppert, et le couple qu’elle forme avec Dussollier.

Les rires ont fusé d’entrée de jeu, allègrement et intensément (les miens en tout cas) face à la joute entre Huppert qui joue la cold bitch qu’elle maîtrise si bien et Poelvoorde qui joue le balourd vulgaire avec son talent naturel. Pendant la première demi-heure, le film navigue dans la pure comédie avec une aisance et une écriture qui ravissent les zygomatiques. J’aurais pu m’en saouler avec plaisir pendant 1h30, mais au fur et à mesure du long-métrage, Anne Fontaine met peu à peu le frein sur l’humour pur, teintant plutôt son film de légèreté que d’énormité, notamment en mettant un peu plus en avant le personnage d’André Dussollier, éditeur sexagénaire qui trouve une nouvelle jeunesse dans sa drôle d’amitié avec Poelvoorde, puis dans les joies de l’adultère avec Virginie Efira.

Très franchement le film aurait fait un sans faute si le dernier acte n’avait pas pointé le bout de son nez. Je ne sais pas dans quelle mesure le film va encore être modifié d’ici à sa sortie, annoncée pour novembre 2011. Le film nous a été présenté comme étant une copie de travail en cours de finition, mais très honnêtement, le film semblait quasiment prêt, contrairement à certaines autres projections tests auxquelles j’ai pu assister et où ni le mixage ni l’étalonnage n’étaient terminé, sans parler de la musique qui était inexistante. Non, ici, mixage et étalonnage semblaient faits, ou quasiment, et la musique (de Bruno Coulais) était bien là.

Le montage du dernier acte, en revanche, semblait brinquebalant. L’archétype même du film ne sachant trouver son dénouement, rebondissant trop, ouvrant de nouvelles portes à l’heure où elles devraient toutes se clore. Tout à coup, la légèreté laisse place, sinon au drame du moins au sérieux, la rupture de ton s’installe tardivement et précipitamment, en conséquence de quoi elle ne convainc pas. L’alcoolisme du personnage principal ne semblait pas franchement soucier le scénario jusque là, mais dans le dernier quart d’heure, le film se relance dessus après une séquence qui semblait clore le film. On ne sait trop pourquoi, ce tiroir s’ouvre donc brusquement, un brin moralisateur, avec une telle rapidité qu’on n’a pas franchement le temps de s’en émouvoir. Heureusement Poelvoorde est un excellent acteur, et il fait passer la pilule par son talent, mais il est facile de regretter qu’Anne Fontaine n’ait pas choisi une des deux solutions plus satisfaisantes qui s’offrait à elle avec Mon pire cauchemar : traiter du sujet de l’alcoolisme plus tôt dans le film, et l’inscrire franchement en son cœur, ou carrément retirer quinze minutes à son film.
La sortie est encore loin, mais j’imagine mal la réalisatrice changer si radicalement le dernier acte de son film… à moins qu’elle n’y ait songé d’elle-même. Et même si tel quel, Mon pire cauchemar est déjà un bon film.

mardi 5 avril 2011

Deux nouvelles salles pour les 300 de l'IBC

Certains vous diraient que je passe ma vie au cinéma. Que je suis un rat de salles. D’autres trouveraient l’appellation exagérée, d’autres qui s’assoient encore plus souvent que moi devant un grand écran (on trouve toujours plus assidu que soi). Je connais mes lacunes, et il m’arrive parfois de les regretter. Comme toutes ces salles que je n’ai jamais explorées, moi qui me considère comme un amoureux des salles, justement. Ma maniaquerie commence d’ailleurs par cet amour des salles, un amour qui fait que je manque souvent de motivation pour regarder un film à la télé. Quand on a goûté au plaisir du grand écran, comment se contenter d’un écran de salon ? J’ai du mal.

Et pourtant donc, malgré cet amour des salles, je me surprends régulièrement à me rendre compte qu’il y en a encore tant, dans ce Paris que j’ai fait mien, tant que mes yeux n’ont encore jamais admiré de l’intérieur. Vous voulez des noms ? L’Accattone, le Studio des Ursulines, le Lucernaire, la Pagode, le Brady, le Majestic Bastille, l’Escurial Panorama, le Denfert, l’Entrepôt, le Chaplin (Saint-Lambert), le Studio 28… Et sûrement un ou deux autres. Il existe des dizaines de cinémas à Paris, et par eux des centaines de salles... cette douzaine de cinémas que je ne connais que de nom et de vue ne doit pas être tant que cela, après tout, d’autant qu’il y en a sûrement dans le lot que j’ai déjà visités il y a quelques années sans m’en souvenir, c’est possible.. Mais que voulez-vous, cette curiosité cinéphile qui vous remue, elle passe aussi par la curiosité de connaître chaque lieu clé de la capitale mondiale de la cinéphilie.

Chacun a ses petites habitudes où il aime aller frayer son caractère de spectateur, moi le premier. Pour voir une nouveauté, je descends à l’UGC Ciné Cité Les Halles à quelques pas de chez moi. Pour un film d’auteur plus pointu, mon cœur balance entre l’Élysée Lincoln, le Balzac et le Reflet Médicis. Côté mk2, j’aime la tranquillité et le confort du Hautefeuille, quand Beaubourg m’étouffe et les coups de pieds incessants me labourant le dos au mk2 Bibliothèque m’insupportent. Et quand je veux voir un vieux film, je file à la Filmothèque du Quartier Latin ou au Grand Action. Ajoutez à cela un petit Max Linder Panorama de temps en temps pour les envies de grandeur, le Publicis pour les sorties techniques et son calme voluptueux, la Cinémathèque et le Forum des images à l’occasion, et voilà ma zone cinéphile définie.

Mais de temps en temps, sortir de sa zone de confort, c’est d’autant plus vital que l’envie de découverte, l’envie de nouvelles têtes, de nouveaux fauteuils, de nouveaux écrans se fait sentir. Ainsi le week-end dernier, sans que cela soit prémédité, j’ai exploré deux salles parisiennes que je n’avais jamais testées. Le Cinéma du Panthéon tout d’abord. Située à une rue de la Filmothèque, rue Victor Cousin, la salle voisine du Jardin du Luxembourg avait en 2006 été refaite à neuf et parrainée par Catherine Deneuve elle-même. Je ne m’en suis souvenu qu’en pénétrant dans cette salle unique, l’une des plus anciennes de Paris puisqu’elle programme des films depuis 1907 (!!), en découvrant ce hall design, puis cette salle de belle taille, à plat sans que cela soit trop gênant grâce à un écran conséquent et à des fauteuils joliment colorés et surtout très confortables (c’est le maniaque qui parle ici). J’ai pu y apprécié le dernier Ken Loach, Route Irish, qui malgré son passage en compétition au dernier Festival de Cannes est sorti en toute discrétion dans les salles françaises, sans soulever le moindre enthousiasme, ni critique ni public. Il faut dire qu’on est loin de ses œuvres les plus fortes.

L’autre salle que j’ai découverte le week-end dernier, je ne suis pas le seul à ne pas encore bien la connaître. Car Le Nouvel Odéon est flambant neuf depuis que le Racine Odéon a été démoli et reconstruit sous ce nouveau nom à l’automne dernier. Elle offre moins de fauteuils qu’avant les travaux (passés de 175 à 120), marquant le désir d’offrir aux spectateurs une qualité de projection optimale, et c’est réussi (même si un WC unique pour toute la salle, c’est short les gars, vous auriez pu prévoir un chouia plus large pour ne pas tomber dans le travers de la salle rouge de la Filmothèque…).. Si je suis allé au Nouvel Odéon ce jour-là, c’était pour découvrir Soleil Vert de Richard Fleischer, que je n’avais jamais vu, même si c’est le genre de film que l’on connaît sans l’avoir vu tant on en a entendu parler. Un film sur les dérives de la société et les inquiétudes environnementalistes fascinant qui mérite son statut de classique, projeté dans le cadre d’un festival tournant autour du thème du cannibalisme au cinéma…

Ce jour-là d’ailleurs, je n’étais pas le seul à tester pour la première fois la salle du Nouvel Odéon et à être attiré par Charlton Heston. A peine installé dans mon délicieux fauteuil, qui ai-je vu débouler en s’agitant devant la découverte de la salle neuve, commentant au passage ces nouveaux fauteuils contre lesquels il allait pouvoir s’appuyer, assis sur le sol, à son premier rang, exilé vers la droite ? Eh oui, l’homme aux sacs plastiques, encore lui, qui en ce jour ensoleillé ne dépareillait pas avec son habituel T-shirt. Ces marmonnements familiers m’ont révélé que lui aussi découvrait ce jour-là le Nouvel Odéon. Vers quel film et quelle salle a-t-il couru ensuite, je ne saurais le dire. Mais l’idée de partager à l’avenir le souvenir de la découverte de la salle du Nouvel Odéon avec lui, un souvenir convergeant vers le même jour, la même séance et le même film, voilà une idée qui me plait.

Petite anecdote, il s’agissait là du 300ème billet que j’ai écrit depuis les débuts de l’Impossible Blog Ciné en décembre 2008. J’espère qu’au gré des 300 suivants, je découvrirai encore de nouvelles salles à Paris…

samedi 2 avril 2011

Attention, cette affiche fait peur !!!!

Le soir où je suis allé voir Hell Driver aux Halles, j’ai découvert qu’il y avait une avant-première de Rabbit Hole dans la salle d’à côté. Le genre de découverte qui dégoûte, parce que je l’aurais bien vu moi, le nouveau film de John Cameron Mitchell, en sa présence qui plus est. Fuck ! Hedwig and the angry inch m’avait déconcerté, mais la bande originale du film m’avait enthousiasmé, avant que Shortbus ne m’éblouisse franchement. God damned, une belle occasion manquée.

Mais je ne viens pas noircir les pages de mon blog pour me plaindre de n’avoir pas fait attention au programme des Halles la semaine dernière. Je viens clamer le choc qui m’a secoué lorsque j’ai découvert, ce soir-là donc, l’affiche française de Rabbit Hole, et cela ne prendra que quelques lignes. Regardez là cette affiche (celle qui est à gauche), les deux acteurs du film, Nicole Kidman et Aaron Eckhart, occupant les trois quarts de l’espace de façon horrible, mal assortis dans leurs postures et leurs visages. Je croirais presque à une fausse affiche si je ne l’avais pas découverte dans ces circonstances ne laissant pas place au doute, placardée dans le premier cinéma d’Europe.

C’est laid. C’est très laid. C’est d’autant plus laid que l’affiche américaine est, elle, splendide (à droite). Bien sûr elle est nettement plus sombre, mais elle est également plus ambitieuse, plus ambiguë, plus riche, et nettement plus recherchée graphiquement que ce montage Photoshop ridicule auquel nous allons avoir droit en France.
Il va falloir que j’attende de voir le film de John Cameron Mitchell pour entériner définitivement ma déception cruelle vis-à-vis de l’affiche française. Après tout, quelque chose se cache peut-être dans ce drame suivant un couple cherchant à reprendre goût à la vie après le décès de leur enfant, quelque chose qui justifie que le distributeur français se soit contenté de ce visuel immonde. J’en doute, mais bon, sait-on jamais…
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