mardi 3 janvier 2012

Si j'ai déjà vu "Mission impossible : protocole fantôme" ? Deux fois, en fait...

Les derniers jours de l’année sont les plus épuisants. Un peu à cause des réveillons de Noël et du Nouvel An, bien sûr. Des nuits blanches, des fêtes, des gens à embrasser, du champagne à ingurgiter, et ne parlons même pas de l’indécence des victuailles. Mais la cerise sur le gâteau, c’est la course aux derniers films de l’année, une course qui ne s’arrête pas une fois les douze coups de minuit sonnés. Donoma, Le Cheval de Turin, Hell and back again… les films que je n’ai pas encore réussi à faire glisser sous mes yeux dans l’obscurité d’une salle de cinéma sont légions. Mais comme si cela ne suffisait pas, il faut que je me rajoute un peu plus de difficulté dans cet emploi du temps cinéphile qui commence à ressembler à un véritable casse-tête chinois.

La difficulté que je me suis ajouté, c’est que contre toute attente, je suis allé voir Mission impossible : protocole fantôme deux fois en l’espace de trois jours. Dans la même salle qui plus est. Non parce que le film de Brad Bird m’a particulièrement ébloui ou a trouvé une place parmi mes favoris de l’année… quoiqu’au rayon des films d’action hollywoodiens, je n’ai pas vu tant de meilleurs films que celui-ci en 2011, alignant les séquences d’adrénaline à un rythme stakhanoviste, propulsant constamment le spectateur au cœur d’une action menée à une allure remarquable, le tout parsemé de touches comiques délicieuses (merci Simon Pegg). Je suis sorti enchanté de cette première vision du quatrième épisode de la franchise hollywoodienne, bien que j’ai dérogé à mes habitudes de placement en acceptant de m’assoir au dixième rang, un rang qui même dans la plus grande salle de l’UGC Ciné Cité Bercy m’éloignait trop de l’écran à mon goût. Mais les deux amis qui m’accompagnaient ne semblaient pas chauds pour aller poser leurs fesses beaucoup plus bas, et c’est bien plus bas qu’il aurait alors fallu s’asseoir pour rester ensemble dans cette salle bien remplie.

Alors j’ai ronchonné, un peu, pour le plus grand plaisir de mes camarades qui s’amusaient de voir ma maniaquerie s’exprimer. Et étonnamment, la distance par rapport à l’écran ne m’a pas tant gêné, sûrement grâce à la taille de celui-ci, à un format cinémascope ouvrant l’horizon de l’écran, et peut-être aussi un peu parce qu’il y avait une plus forte matière à se faire du souci quelques rangs plus bas. Lorsque le premier flash a crépité dans la salle, je n’ai pas trop compris ce qui se passait, si j’avais raté quelque chose à l’écran qui aurait provoqué cet éclair de lumière. La seconde fois, j’ai repéré que cela provenait de la salle vers les premiers rangs sur le côté. La troisième fois, j’ai capté la scène : un spectateur se prenant en photo dans la salle. Oui oui, pendant le film. L’homme coupable de ce méfait a exécuté le geste quatre ou cinq fois en tout pendant le film.

Difficile de croire qu’aucun des spectateurs l’entourant n’ait réagi, pourtant, ça ne semblait pas bien agité dans ce secteur de la salle. Pas sûr que j’aurais résisté à l’envie d’envoyer voler son appareil si j’avais été assis à côté de lui. Mais de mon dixième rang, les flashes ne m’ont pas suffisamment gêné pour avoir envie de foncer revoir le film deux jours plus tard. Mon retour  quarante-huit plus tard dans la même salle, au même horaire, a juste tenu dans le fait qu’un pote australien avec qui j’allais au ciné ce soir-là (oui, celui-là même qui avait goûté aux joies de l’Orient-Express quelques mois plus tôt) mourait d’envie de voir les nouvelles aventures aux quatre coins du monde de l’agent Tom « Ethan Hunt » Cruise (on se croirait d’ailleurs de plus en plus dans James Bond avec ce nouveau Mission impossible), et les amis nous accompagnant ce soir-là ne l’ayant pas vus non plus, le film a fait le consensus. Préférant passer la soirée avec mes amis plutôt que faire bande à part seul dans une autre salle pour voir Killing Fields (que j’ai découvert deux jours plus tard sans grand enthousiasme), j’y suis donc retourné, cette fois calé au cinquième rang, trop près dans une si grande salle, mais cette proximité nous aura presque fourni l’effet Imax sans l’écran Imax. Et à aucun moment être si près ne m’aura gêné (ni mes compagnons de salle, plus étrangement), de l’apparition du nouveau logo Paramount (fêtant les 100 ans du studio hollywoodien avec panache) à la brume de Seattle clôturant le film.

Sur le chemin du cinéma, j’aurai au passage croisé, planté dans la station, en mode attente (de quoi, je n’aurais su dire), l’homme aux sacs plastiques. En T-shirt et pieds nus dans ses chaussures de toile en ce 30 décembre. Fidèle à lui-même en somme, exactement comme lorsque je suis retombé sur lui trois jours plus tard au Cinéma du Panthéon pour une projection mémorable. Mais ça, c’est une histoire qui vaut un billet à elle seule…
Ah oui, et Bonne Année, au fait.

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