vendredi 9 novembre 2012

Festival du Film Coréen à Paris : carton pour le rideau !


Dernière attente dans le froid. Dernière incertitude qui n’en est pas vraiment une. Il y avait tant de monde pour la cérémonie d’ouverture, et j’ai réussi à m’y faufiler, il n’y a pas de raison que je n’y parvienne pas quand il y a manifestement moins d’invités présents pour assister à la clôture. Vingt minutes avant l’heure officielle, le trottoir de la rue Gît-le-cœur n’est pas franchement garni pour la projection « invités et accrédités » de « The Thieves », contrairement à l’autre salle pour les spectateurs achetant leur place. Malgré la certitude que l’accès à la salle va bel et bien se faire ce soir, l’attente s’étire plus de 30 minutes devant le ciné, le temps de voir le réalisateur Choi Dong-Hoon et l’un des acteurs du film du soir, Lee Jung-Jae, arriver et entrer.

Finalement, lorsque la rue fut aussi déserte que dans un patelin de western avant l’affrontement final, alors que la cérémonie semblait avoir commencé, on fit enfin signe aux derniers, dont je faisais partie, d’entrer et de prendre place (ce sera au troisième rang, en plein milieu, idéal pour profiter de la cérémonie, et même du film). Ouf, la cérémonie n’avait pas commencé. Comme chaque année, un discours de l’équipe, suivi de celui du directeur d’Asiana Airlines, dont la publicité aura tourné pendant tout le festival avant chaque film pour notre plus grand plaisir (si si) et qui parraine le Prix remis par le jury au meilleur court-métrage de la sélection. Avec mes réarrangements d’emploi du temps de dernière minute pour voir les films de Kim Kyung Mook sur grand écran, je n’aurai même pas eu le temps, cette année, d’aller voir un seul court-métrage de la sélection. Ce qui est apparemment bien dommage si j’en crois Made in Asie qui m’en ont dit beaucoup de bien.

L’attraction de la cérémonie de clôture sera tout de même la présentation de « The Thieves », le film de clôture, par son réalisateur Choi Dong-Hoon, sa productrice, et l’un de ses acteurs, Lee Jung-Jae, qui laissera deviner en filigrane de son discours sa surprise de voir ce film ayant battu le record historique d’entrées au box-office coréen jouer dans une salle de moins de 200 places dans laquelle il restait ici ou là des fauteuils libres. Bon, il ne l’a pas dit, mais son étonnement à voir la salle était manifeste. Bah, ne t’inquiète pas, Jung-Jae, vu le succès grandissant du festival, un jour ou l’autre, les films seront projetés dans une plus grande salle, j’en suis sûr.

En attendant, c’était donc l’heure du dernier film de ce 7ème Festival du Film Coréen à Paris, et donc ce fameux long-métrage ayant dépassé d’une courte tête cette été le record d’entrées d’un film coréen au box-office local (détenu jusqu’ici par « The Host »), un peu plus de 13 millions de spectateurs dans un pays qui compte moins de 50 millions d’habitants. Ça pose le succès. Si en France, les plus grands cartons du box-office sont des comédies, les coréens ont montré ces dix dernières années leur goût pour le cinéma de genre. Bien sûr, l’humour n’est jamais très loin dans le cinéma coréen, et il est même très présent dans « The Thieves », qui n’en est pas moins un caper, un film de casse que l’on pourrait rapprocher d’un Ocean’s Eleven coréen. L’intrigue suit des cambrioleurs coréens et chinois recrutés pour dérober un diamant inestimable dans un casino de Macao. Jusqu’à ce que l’ombre du passé vienne semer le trouble au sein de l’équipe et tout faire dérailler, le tout avec légèreté, quand même.

Alors oui, le film est long, trop sans doute, surtout vers cette fin qui semble ne jamais vouloir venir. Mais cela ne gâche pas le plaisir de cette aventure enlevée, alliant avec joie action et humour, et distillant même une touche sexy agréable en la personne de Jun Ji-Hyun (qui se fait appeler Gianna Jun depuis qu’elle a tenté une carrière internationale…). L’humour ici ne se contente d’ailleurs pas de faire sourire, il sait provoquer quelques éclats de voix (et d’ailleurs, tout comme le sex-appeal, Jun Ji-Hyun n’est pas étrangère à la réussite comique du film, en plus du caméo de Shin Ha-Kyun). Kim Yun-Seok, dont le nom apparaît avant tous les autres au générique, semble de prime abord incarner un personnage un peu en retrait et afficher une performance en demi-teinte, mais ce n’est qu’un leurre, car dans la seconde partie du film, celui qui était déjà le héros de « Tazza » du même réalisateur, prend le pas sur les autres personnages, et l’acteur, révélé en France dans « The Chaser », fait enfin montre de son talent (mais bon, on n’est pas non plus dans « The Chaser », on reste dans du divertissement).

Comme Masquerade à l’ouverture, le FFCP a su nous offrir un film léger mais affichant une belle dose de savoir-faire, pour laisser une belle impression. De retour dans la rue, ce fut le dernier débriefing post-projection (où l’on découvrit d’ailleurs que monsieur Filmosphère, déjà arrivé sur le fil, n’avait pas tout suivi pendant le film…), les dernières impressions, les dernières vannes. Ciao, FFCP 2012. J’ai déjà tellement de souvenirs qui me viennent en tête… que je me garde le plaisir de vous offrir, comme l’année dernière, un dernier billet revenant sur les moments phares de cette 7ème édition. A découvrir très bientôt…

2 commentaires:

I.D. a dit…

Effectivement, il y a de très bonnes choses dans les courts-métrages. Ce qui dénote un vivier de talent qu'on espère, pour certains voir éclore avec un passage au long. Il semble d'ailleurs qu'Arte ait jeté son dévolu sur l’intéressant film fantastique "The Last Interview" de Hwang Mun-seok.

Quant à "Ze Touïvez", on est d'accord. Et quant à l'interprétation de l'acteur fasse à la salle, aussi. ;)

David Tredler a dit…

Bonne nouvelle pour le court sur Arte si ça se confirme.

Ah ouais tu l'écris comme ça toi, ta prononciation ? Moi j'aurais écrit "Ze Twivz"... ;)

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