C’est un film incroyablement ambitieux, qui ne se laisse barricader par aucune réserve, qui bouscule les conventions cinématographiques par sa forme mais aussi par sa volonté de s’immiscer dans la peau du pouvoir. Avec une distance évidente, et pourtant, aussi, une intimité qui fascine. Car c’est aussi un film sur ceux qui le font, un portrait personnel et presque involontaire d’Alain Cavalier et Vincent Lindon. On y rit. Un peu. Beaucoup même. On est fier, peut-être, qu’un tel film puisse se faire en France, hors norme, un film de réflexion, un film d’ambition, un film de révolte et pourtant aussi un film d’amusement, où l’on se plait à voir Vincent Lindon se perdre dans les méandres de son identité, entre l’homme et l’acteur qu’il est, et le politique qu’il devient fictivement et se convainc presque qu’il est réellement.
C’est un film comme aucun autre ce Pater. Un film qui ose comme aucun autre. Et qui marque comme aucun autre. Le jury cannois était peut-être trop international pour totalement discerner le film d’Alain Cavalier. Ou bien la compétition était-elle vraiment exceptionnelle cette année, pour que le film n’ait reçu aucune récompense. Mais c’est un grand film, un film qui restera, et c’est finalement ce qui compte le plus.
2 commentaires:
eh bien moi j'ai de plus en plus l'impression d'etre passé complètement à côté... ce pater m'a un peu moins fait ch... que le précédent cavalier, mais tout de même ! :)
pourtant, la critique est unanime... je culpabilise presque... ;)
Justement j'avais peur que ce soit un film que la critique encense et qui me laisse dubitatif et ennuyé comme tu sembles l'avoir été... et finalement, tu vois !
Mais ne culpabilise surtout pas, ça serait horrible si l'on devait culpabiliser pour nos goûts cinématogrpahiques ;)
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