jeudi 19 avril 2012

Le Festival de Cannes a annoncé son programme...

… et comme tous les ans, je l’ai guetté avec curiosité, même si je ne vais toujours pas sur la Croisette (un jour… c’est ce qu’on dit non ?). Comme tous les ans j’attendais que certains noms et titres tombent, en vain. Comme tous les ans certaines évidences et habitudes ont pointé le bout de leur nez. Comme tous les ans, des incongruités et surprises ont heureusement réussi à se faufiler au milieu des films dont la présence était tellement attendue que l’annonce de leur titre n’a pas fourni la même excitation que d’autres alors qu’ils le méritaient tout autant. C’est cela, l’annonce de la sélection du Festival de Cannes.

J’ai espéré à peine secrètement que les noms de Terrence Malick, Wong Kar Wai, Paul Thomas Anderson ou Park Chan Wook soient prononcés, et ils ne l’ont pas été. Et si l’on pourrait craindre qu’un Festival de Cannes où ces noms ne figureront pas au profit de ceux de Zac Efron, Robert Pattinson et Kristen Stewart soient un mauvais cru, en y regardant de près il se pourrait bien que non, malgré tout.

Bien sûr à Cannes, tous les ans, on aimerait que ce ne soient pas forcément toujours les mêmes noms qui reviennent. Michael Haneke, Abbas Kiarostami, Ulrich Seidl, Walter Salles, Carlos Reygadas, Ken Loach, David Cronenberg, Jacques Audiard ? Bien sûr ça ne sent pas la grande originalité. Et même quand un nom n’évoque rien, comme celui de Sergei Loznitsa, en se penchant dessus on reconnaît celui du réalisateur de My Joy, venu représenter l’Ukraine dans cette même compétition il y a deux ans. Mais c’est cela Cannes, un formidable vivier de cinéastes aguerris à la course à la récompense cinématographique suprême, un vivier qui côtoie d’autres réalisateurs découvrant les enjeux de la quête de la Palme pour la première fois.

Et cette année, c’est du côté des anglo-saxons qu’il faut chercher les petits nouveaux. Lee Daniels, révélé par le médiocre Precious il y a trois ans, présente « Paperboy ». Les australiens Andrew Dominik (L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) et John Hillcoat (The Proposition, La route) s’intéressent tous deux aux criminels avec respectivement « Killing them softly » et « Lawless ». Wes Anderson, qui ne se contentera pas d’ouvrir le festival avec « Moonrise Kingdom ». Et Jeff Nichols, vainqueur l’an passé de La Semaine de la Critique, promu en compétition pour « Mud » avec Matthew McConaughey et le génial gamin de Tree of Life. J’aurais aimé que Cannes aille chercher d’autres coréens que les sempiternels (et non moins passionnants) Hong Sang-Soo et Im Sang-Soo (ils ne sont pas frangins, Sang Soo c’est leur prénom), oui. Mais deux coréens en compétition, je ne cracherai pas non plus dessus.

Que retenir d’autre de cette compétition ? Assurément les retours en force de Leos Carax, Matteo Garrone et Thomas Vinterberg. Du côté des étonnements, qu’aucune femme cinéaste ne soit en compétition cette année, ni par ailleurs aucun premier film. Hors compétition, l’extase hollywoodienne n’est pas de mise lorsque l’on constate que c’est Madagascar 3 qui a été choisi… heureusement qu’un Takashi Miike sera là en séance de minuit, une comédie musicale qui plus est (« Ai to makoto ») !

Chez la petite sœur de la compétition reine, Un Certain Regard, le fils de Cronenberg, prénom Brandon, présentera son premier long-métrage (« Antiviral ») face à des pointures comme Lou Ye (« Mystery »), Pablo Trapero (« Elefante blanco »), Koji Wakamatsu (« 11.25 The Day he chose his own fate ») ou Xavier Dolan, qui avec son très attendu « Laurence Anyways » n’a pas vu les portes de la compétition s’ouvrir à lui, deux ans après son magnifique Les amours imaginaires déjà présenté à Un Certain Regard.

Claude Miller, décédé il y a quelques jours, aura l’honneur postum de clore le festival avec son dernier film, « Thérèse D. ». Un chant du cygne qui je l’espère fermera un grand festival. Car même si je ne vais pas à Cannes, je le vis et le guette comme si j’y étais. D’autant que les films d’Un Certain Regard et des sections parallèles passeront à Paris dès que la manifestation aura baissé le rideau sur la Croisette. Alors forcément, maintenant, j’attends avec impatience la sélection de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des Réalisateurs…

11 commentaires:

Martin K a dit…

Ah, Cannes ! J'aime ce moment de l'année où on connaît les films en lice pour la Palme, mais où on ne les a pas encore vus ! On les image tous pimpants sur la ligne de départ et on se dit que, dans un petit mois, l'un d'eux fera parler de lui dans le monde entier...

Le Festival est toujours pour moi, en tout cas depuis quelques années, l'occasion de découvrir des artistes et des inspirations méconnues (ou pas connues du tout) jusqu'alors. C'est dire mon impatience !

L'an passé, j'avais vu 8 des 20 films de la sélection. Cette année, je suis une fois encore curieux de beaucoup. Vivement !

David Tredler a dit…

Moi aussi j'adore ce moment Martin. Et j'aime tout autant la période du festival, même sans y aller.
Toi qui est dans le voisinage, tu y vas donc ?

Martin K a dit…

Non, je n'y ai encore jamais mis les pieds. On prévoit vaguement une journée à Cannes avec des cop's cette année. Les mêmes qui écrivaient sur les Bobines l'année dernière, d'ailleurs...

Pour ce qui est de voir les films, j'ai un vague plan avec un copain qui récupère des places pour les sélections parallèles. Je lui ai dit qu'il ferait un heureux s'il y avait moyen d'y aller avec lui. Monter les marches au moins une fois, tu imagines...

Dans les deux cas, j'en reparle probablement tu-sais-où. Et J-24 pour le lancement du Festival !!!

David Tredler a dit…

Je guetterai sur les Bobines alors... ;)

I.D. a dit…

Le sélection Un Certain Regard m'a l'air pas mal. J'attends également de voir celle de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des Réalisateurs.

Pour la compét' officielle, que dire ? Mitigé. Peu audacieuse en ce qui me concerne. On retrouve des noms connus. Pas de réelle prise de risque. Sans doute aussi qu'il n'y avait pas de film de qualité qui aurait mérité qu'on en prenne. Je m'arrêterais surtout sur les deux sud-coréens. Je suis content pour ces deux cinéastes dont j'apprécie le boulot. Quoique j'émettrai une réserve pour Im Sang-soo. Je me suis arrêté à son adaptation du Vieux Jardin. Je n'ai toujours pas eu le courage de voir son film suivant. Et celui de la compét' ne m'attire pas des masses. Je suis content de les retrouver là mais il y a ce petit truc qui me chagrine. N'y a-t-il pas d'autres cinéastes sudco à mettre sous les feux des projecteurs ? N'y avait-il pas de meilleur métrage nous venant d'Asie ? Mitigé. On verra. Comme vous, je suis ce festoche chaque année donc, on ne déroge pas à la règle. ;)

Phil Siné a dit…

beau compte rendu, complet et proche de mes penchants...
je suis curieux du vinterberg... et surtout du dolan de près de 3h ! tu crois qu'on lui refuse la compétition des grands parce qu'il est encore trop petit ? ;)

David Tredler a dit…

@ID : La sélection de la Semaine et de la Quinzaine viennent de tomber. Au rayon asiat', y a notamment un film d'animation coréen qui m'a l'air pas mal du tout, et un film chinois réalisé par un sudco, avec Zhang Ziyi. Et un iranien et un indien. Y a de quoi faire un beau festival avec ça je pense. J'ai hâte que les films débarquent à Paris fin mai !
Pour les films des Sang Soo, c'est bien ce que je regrette dans mon billet, dommage que le festival n'ose pas aller frayer ailleurs. On verra si c'est effectivement au-dessus du lot. Frémaux a dit le plus grand bien du Im Sang Soo apparemment.

@ Phil : Je me suis posé la question du pourquoi de l'absence du Dolan en compet', surtout s'il est assez bon pour Un Certain regard et que Frémaux a dit qu'au niveau qualitatif, la compétition et Un certain regard se valaient. Si le film est donc à cette hauteur, il valait la compet', dommage.

Vincent a dit…

Putain d'injustice pour Dolan.

David Tredler a dit…

C'est décevant oui...

auroreinparis a dit…

J'étais à Nice ce week end, j'ai donc fait un tour à Cannes, le festival se prépare ! ^^

David Tredler a dit…

Les affiches des films hollywoodiens c'étalent déjà sur la Croisette ? ^_^

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