samedi 21 novembre 2009

Bruce Willis et son clone pour s'éloigner de l'Asie...

Après une cure de films coréens, plusieurs envies m’assaillent. Si faire des nuits plus longues que cinq heures est sans hésitation l’une d’entre elles, rattraper ce qui est sorti pendant ma parenthèse enchantée demeure incontournable. Pendant ces deux semaines au cours desquelles je n’ai parlé que de films coréens, je suis tout de même allé voir quelques films, dont je ferai très bientôt un petit compte-rendu.

En attendant, juste avant le début du festival, j’étais allé voir le Clones de Jonathan Mostow avec quelques attentes. A la vision du film, une question m’a assailli : peut-on raconter une telle histoire en 1h30 ? A n’en pas douter, cette durée sied parfaitement au genre comique, à l’animation, ou aux films très chiants devant lesquels on n’a pas envie de traîner plus de deux heures. Il ne suffit pourtant pas à tous les films de 90 minutes pour exploiter tout leur potentiel. Les polars futuristes sont rarement aussi courts. Cela ne semble pas avoir inquiéter les mains et cerveaux se cachant derrière Clones… à tort.

Bruce Willis y incarne un agent du FBI dans un présent différent du nôtre. L’être humain ne sort presque plus de chez lui, et vit à travers un clone modelé à sa convenance, relié à lui par une technologie révolutionnaire. Le clone est un deuxième corps, plus beau, plus résistant. Ce nouveau système de fonctionnement a considérablement réduit la criminalité, et ne trouve qu’une poignée d’opposants vivant à l’écart des autres, sans machines pour vivre à leur place. Dans ce climat où le clone est réputé sans danger pour son utilisateur, l’agent Greer (Bruce, donc), se voit confier l’enquête sur un meurtre étrange. Alors que la mort d’un clone n’entraîne généralement pas la mort de son utilisateur, voilà que deux personnes sont mortes en même temps que leurs avatars.

Si je détaille autant le résumé, c’est pour vous montrer à quel point le film avait sur le papier un certain potentiel, avec un sujet à enjeux forts (le clonage, l’intrusion dominante du virtuel dans le réel) et à ramifications multiples (la résistance, les complots, l’enquête…). Or la possible densité narrative de Clones n’est jamais vraiment mise en valeur. Jamais totalement exploitée. Au lieu de cela, on nous offre sur un plateau un thriller tendance SF proposant de l’action et un chouïa de réflexion, mais se contentant du minimum syndical, ni plus ni moins.

Le pire c’est que l’on pressent qu’à l’origine, les ambitions étaient plus grandes. Est-ce le studio Disney, distributeur, qui a demandé à Jonathan Mostow (réalisateur des solides Breakdown, U571 et Terminator 3) de couper et ne pas faire traîner l’intrigue ? Car des coups de ciseaux ont forcément été donnés, tant les raccourcis sont nombreux, les personnages peu épais, et les explications expéditives. Tout cela sent la bride, et c’est bien dommage. Avec de l’audace et au moins une bobine de plus, Clones aurait pu ressembler à un bon thriller futuriste, ce à quoi, en l’état, il ne peut absolument pas prétendre.

En 2010, Willis sera à l’affiche d’une autre adaptation de comic book (oui, Clones en est une) que l’on espère autrement plus réussie. Le tournage de Red est imminent, et la distribution fait déjà rêver : autour de l’ami Bruce en ancien agent de la CIA obligé de sortir de sa retraite paisible pour contrer un dangereux assassin, on trouvera Morgan Freeman, Helen Mirren, Brian Cox, John C. Reilly, Mary-Louise Parker, Richard Dreyfuss, Ernest Borgnine et Julian McMahon. Rendez-vous dans un an.

11 commentaires:

Xavier a dit…

Juste Clones? Petit joueur, je me suis fait samedi Les Herbes folles, Away We Go et L'Imaginarium du Dr. Parnatruc! Un petit triplé Kinatay/Visage/The Box est également possible pour samedi prochain! Let's go!!

David Tredler a dit…

Hahaha, qu'est-ce que tu crois Xavier ?
Les Herbes Folles, Away we go, Parnassus et The Box, je les ai déjà vus (Parnassus et The Box, j'en ai déjà parlé sur mon blog regarde) !
J'ai aussi vu Le ruban blanc, In the Loop, Micmacs à tire-larigot et Le concert.
Je vais parler de tout ça, guette mes avis ;-)

I.D. a dit…

On va guetter ça (tes articles), j'ai envie de voir ton avis sur Les Herbes Folles dont je n'ai pas eu le courage d'aller voir.
Sinon, pour en revenir à Clones, il me semblait que ça causait surtout de robot et que la traduction française (encore une fois) était passée à côté. Tout ça pour dire, que j'aime la littérature SF, d'anticipation et que jusqu'à aujourd'hui les adaptations ont été plutôt fade à mon goût (ici, un comik book). Le genre en lui-même, je ne le trouve pas si transcendant que cela au cinéma, il y a bien eu un Bienvenue à Gattaca, ensuite je peine à trouver des films prenants...

David Tredler a dit…

Ah Les Herbes Folles !! Un indice : tu as bien fait de ne pas avoir eu le courage d'y aller...^^

La SF au cinéma peut être extraordinaire, mais c'est rarement dans les adaptations que l'on fait les meilleurs films. Il faut une certaine liberté, ou au moins parvenir à s'affranchir du carcan de l'oeuvre originale.
Gattaca était effectivement un film remarquable. Dark City aussi. Après y a la SF fauchée qui peut faire des merveilles avec plus de retenue visuelle. Par exemple "Primer".

I.D. a dit…

Primer ? Connais pas.

Alors comme ça le dernier de papy Resnais c'est pas vraiment ça... dommage.

David Tredler a dit…

Primer est le film qui a eu le Grand Prix à Sundance en 2004. C'est un petit bijou qu'il faut voir au moins deux fois pour en mesurer l'ampleur... Tourné pour une poignée de dollars, c'est l'histoire de deux ingénieurs qui dans leur temps libre contruisent dans leur garage une machine qui va leur permettre de défier les lois du temps...
C'est fauché, inventif et dense. Il était sorti à Paris dans une salle 2 ou 3 ans après sa sortie américaine.

Xavier a dit…

Les Herbes folles est un OVNI de génie! Un amour de cinéma permanent! J'ai cru chialer sur le traveling avant et arrière sur Dussollier lorsqu'il est devant le cinéma avant et après avoir rencontré Sabine Azema. Sa narration narrée (outch!) par Edouard Baer apporte énormément de liberté au film, on dirait une oeuvre d'un petit génie d'une vingtaine d'années, qui aurait grandi avec les sitcoms nunuches et les films de la Nouvelle Vague en même temps! Comme si Resnais donnait le feu vert à une nouvelle Nouvelle Vague, à près de 90 balais! Le scénario, on s'en tape, tout passe par le style et les libertés du cinéaste dans sa mise en scène et les diverses ambiances (joyeuses, aérées, pesantes...) qu'il crée. Un exemple, d'un éclat de génie d'à peine deux minutes? Celui de faire passer un cycle jour/nuit, lors du repas, en un plan séquence! Et merde, Resnais est allé cherché Mark -X-Files- Snow pour la musique! En résulte des sons, des tonalités extraterrestres et jazzy du plus bel effet! Un iiiiiimmense vent de fraîcheur, que le couple de Away We Go n'arrive pas à produire une seule seconde malgré les fenêtres ouvertes de leur bagnole! ^^

David Tredler a dit…

Oh Mon Dieu Xavier, tu fais partie de la secte des Herbes Folles !!!!!^^
Non, vraiment, je ne peux pas cautionner ton excitation sous prétexte qu'à plus de 80 balais, Resnais sait encore concocter un plan séquence par-ci par-là.
Mais je te rassure, je ne saute pas au plafond pour Away we Go ;-)

Xavier a dit…

Oui, mais ce plan séquence par-ci par-là est un plan séquence qui joue avec l'espace (ils mettent la lumière, changent de plats) et le temps (l'extérieur s'assombrit d'un coup) sans la moindre coupe et en moins d'une minute. Ce n'est pas juste une caméra qui suit les personnages, aussi gracieuse soit-elle. Il y a une idée juste géniale derrière. Je pensais qu'elle t'aurait interloquée également, dans la mesure où elle est glissée juste-là, sans prévenir, tout coulant tellement de source! Rien à fiche, à vrai dire, du scénario, des acteurs, de l'écriture. C'est un film tellement fluide, tellement léger, non-sensique au possible, mais...qu'importe! C'est ça aussi, le cinéma!

David Tredler a dit…

Glisser un plan remarquable dans un film qui m'avait déjà totalement éteint... Non vraiment je n'arrive pas à m'enthousiasmer pour le pur aspect formel. C'est exactement la raison pour laquelle j'aborre Lee Myung Se... ;-)

eelsoliver a dit…

Un film de SF plutôt râté malgré un sujet qui s'annonçait passionnant.

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